Aperçu des sections

  • Initiation à la traduction (Français- Anglais)



    I. Présentation du cours   

    Le cours "Introduction à la traduction"  constitue une unité d’enseignement fondamentale visant à introduire les apprenants aux bases théoriques et pratiques de la traduction.

    Ce cours a pour objectif principal de permettre aux étudiants d’acquérir les compétences essentielles nécessaires à toute activité traduisante. Il vise notamment à développer leur capacité à comprendre correctement un texte source, à en analyser le sens, puis à le reformuler dans une langue cible de manière claire, correcte et fluide.

    À travers ce module, les étudiants seront initiés aux fondements de la traduction aussi bien en langue arabe que dans les langues étrangères, avec des applications pratiques adaptées à leur niveau. Une attention particulière est accordée à la maîtrise linguistique, condition indispensable pour produire une traduction de qualité.

    L’évaluation repose sur un contrôle continu et un examen final, permettant de mesurer progressivement l’évolution des acquis des étudiants. La présence aux séances est obligatoire afin d’assurer un apprentissage efficace et régulier.

    Ce cours constitue ainsi une première étape essentielle dans la formation du traducteur, en posant les bases nécessaires à l’approfondissement futur des théories et des pratiques de la traduction. 

    II. Le Public cible:

    Ce cours s’adresse aux étudiants de la première année Licence (S1) au sein du département de Traduction de la Faculté des Langues Étrangères. 

    III. Objectifs d’apprentissage

    1. Connaitre les bases fondamentales de la traduction

    2.  Initier l'étudiant à une compréhension correcte du texte.

    3. Amener l’étudiant à reformuler le texte dans une langue correcte et fluide.

    4. Appliquer les techniques de la traduction dans le texte cible.

    5. Évaluer la qualité d’une traduction.

    6. Produire une traduction créative et adaptée. 




  • Qu'est ce que la Traduction?

    La traduction est le fait de passer un texte d’une langue à une autre en gardant le même sens, afin que le message soit compris par les lecteurs de la langue cible.

    Voici quelques définitions terminologiques par des traductologues célèbres :

    1.                  "La traduction est le processus qui consiste à remplacer un texte dans une langue (langue source) par un texte équivalent dans une autre langue (langue cible)."
    Vinay, J.-P. & Darbelnet, J. (1958). Stylistique comparée du français et de l’anglais. Didier.

    2.  Définition linguistique

    • "La traduction est une opération linguistique qui repose sur la compréhension du message de départ et sa reformulation dans la langue d’arrivée."
      Catford, J.C. (1965). A Linguistic Theory of Translation. Oxford University Press.

    3. Définition fonctionnelle

    • "Translation is a communicative act which aims to transmit meaning from one language to another for a specific purpose and target audience."
      Nord, C. (1997). Translating as a Purposeful Activity: Functionalist Approaches Explained.
      St. Jerome Publishing.

    4.  Définition Culturelle

    • "La traduction est un acte de médiation interculturelle qui permet le transfert de sens entre deux communautés linguistiques et culturelles."
      Bassnett, S. (2002). Translation Studies. Routledge.

    5.  Définition contemporaine

    • "Translation is not only the transfer of linguistic signs, but also the negotiation of meaning in a cultural and social context."
      Venuti, L. (2012). The Translation Studies Reader. Routledge.

    1. Aperçu historique sr la traduction :

    •  L’histoire de la Tour de Babel

    1. Origine biblique

    ·         Le récit de la Tour de Babel se trouve dans l’Ancien Testament, plus précisément dans le Livre de la Genèse (Genèse 11:1-9).

    Selon ce texte, après le Déluge, les hommes parlaient une seule langue et formaient une seule communauté. Ils décidèrent de construire une grande ville avec une tour dont le sommet toucherait le ciel, afin de se faire un nom et d’éviter d’être dispersés sur toute la Terre. Mais Dieu, voyant leur orgueil et leur volonté de défier les limites humaines, confondit leur langue : les hommes ne se comprenaient plus. Incapables de communiquer, ils cessèrent la construction et furent dispersés sur toute la surface de la Terre. Le lieu prit le nom de Babel, ce qui signifie "confusion" en hébreu.

    Résonances modernes

    ·         En traduction et en linguistique, la Tour de Babel illustre la multiplicité des langues et la nécessité de la médiation linguistique.

    ·         Dans la culture populaire (arts, littérature, cinéma), elle symbolise souvent des projets humains grandioses mais voués à l’échec par manque d’unité.

    ·         L’expression "un projet babélien" est utilisée pour désigner une entreprise trop ambitieuse et irréalisable.

     L’histoire de la Tour de Babel est à la fois un mythe fondateur sur l’origine de la diversité linguistique, une leçon spirituelle sur l’orgueil humain, et un symbole universel toujours utilisé dans les réflexions sur les langues, la communication et la culture.



    2. Introduction à la traductologie : les procédures de la traduction de Vinay et Darbelnet


    Dans les années 1950, deux chercheurs canadiens, Jean-Paul Vinay et Jean Darbelnet, ont exploré les aspects linguistiques de la traduction. À l'époque, la traductologie n'existait pas encore vraiment, et la plupart des travaux de Vinay et Darbelnet étaient considérés comme relevant de la littérature comparée.

    Lorsque l'on examine les travaux de Vinay et Darbelnet, le terme « linguistique contrastive » semble beaucoup plus approprié, car ils ont étudié les différences entre deux langues afin de mieux les comprendre.

    Alors que d'autres chercheurs se contentaient de comparer deux langues afin d'établir des liens entre elles, Vinay et Darbelnet se sont intéressés au processus de la traduction.

    Leurs efforts ont abouti à ce qui est considéré comme leur ouvrage fondateur dans le tournant linguistique des études de traduction, Stylistique comparée du français et de l'anglais : méthode de traduction, qui a été traduit en anglais environ quatre décennies plus tard sous le titre « Comparative stylistics of French and English: a methodology for translation ». Le fait qu'il ait encore valu la peine d'être traduit en anglais près d'un demi-siècle plus tard montre à quel point il était important. Dans cet ouvrage, Vinay et Darbelnet ont posé comme hypothèse qu'il existait sept processus, ou procédures, principaux à l'œuvre dans toute traduction. Voici les sept processus qu'ils ont identifiés :

    L’emprunt

    À moins que vous ne fassiez partie de ces personnes qui confondent emprunt et prêt, cela ne devrait pas vous poser de problème. L'emprunt consiste à prendre un mot de la langue source (LS) et à le conserver dans la langue cible (LC). Il est considéré comme la procédure la plus simple et tend à être utilisé dans deux situations : soit lorsqu'il s'agit d'un nouveau processus technique pour lequel il n'existe pas de terme dans la LC, soit lorsque le traducteur conserve un mot de la LS pour des raisons stylistiques, afin d'ajouter une touche particulière au texte cible (TC).

    Ex: Shopping , day off, live, parking, planning, sponsor, fast-food ……..

    Le Calque

    Un calque consiste à transférer littéralement une expression du texte source (TS) vers le texte cible (TC). Les calques peuvent soit suivre la syntaxe de la langue cible tout en traduisant chaque mot littéralement, soit ignorer la syntaxe de la langue cible et conserver celle de la langue source, ce qui donne au calque une structure syntaxique maladroite dans le texte cible.

    Ex : week-end = fin de semaine

    Gratte-ciel= skyscarper

    ·                     "Supermarché"(anglais : supermarket) : L'anglais "super" est traduit par "super" en français, et "market" par "marché", créant le mot "supermarché". 

    "Réaliser"  =  (anglais : to realize) : Le mot français "réaliser" a pris le sens de "comprendre" ou "se rendre compte" par calque de l'anglais to realize. 

    Nous avons deux types du calque :

    1 /   Calque morphologique

    Il s'agit de la traduction littérale des éléments qui composent un mot, comme "supermarché". 

    2/  Calque sémantique

      Un mot qui existe déjà dans la langue cible prend un nouveau sens par calque de la langue source, comme le mot français "réaliser".

    La Traduction littérale

    La troisième méthode de traduction ne doit être utilisée que dans certaines circonstances, selon Vinay et Darbelnet. L'idée de traduire mot à mot sans en altérer le sens est considérée comme une utilisation acceptable de la traduction littérale par les deux chercheurs. En termes simples, la traduction littérale élargit la portée d'un calque, mais d'une manière beaucoup plus acceptable.

    La Transposition

    Vinay et Darbelnet ont défini la transposition comme le changement de classe grammaticale sans modification du sens. Cela fait référence au fait que les traducteurs changent (souvent sans y penser) le type de mot, par exemple en transformant un nom en verbe. Vinay et Darbelnet considéraient la transposition comme obligatoire ou facultative, et faisaient référence au texte source comme expression de base et au texte cible  comme expression transposée.

    ·         Verbe/ Nom : Il a échoué à l’examen = His failure in the exam.

    ·         Nom/ Verbe : Après son arrivée, il a téléphoné à sa mère. = After he arrived, he called his mother.

    ·         Adjectif/ Adverbe : Il parle lent = He speaks slowly.

     La Modulation

    La cinquième procédure de Vinay et Darbelnet est la modulation. La modulation consiste à traduire le texte cible d'un point de vue différent de celui du texte source. Vinay et Darbelnet considèrent cette procédure comme nécessaire lorsque les résultats des procédures précédentes produiraient une traduction qui sonne mal, même si elle est correcte sur le plan grammatical, syntaxique et lexical. La modulation est un moyen pour le traducteur de trouver un certain degré de naturel dans son Texte cible sans sacrifier le sens ou la précision du Texte source.

    Vinay et Darbelnet donnent un excellent exemple qui montre que la construction à double négation utilisée en anglais est peu courante en français et que la modulation permettrait de la rendre en français par une simple affirmation utilisant un modificateur positif.

    • En changeant le négatif par l’affirmatif : Ex : Il n’est pas stupide= He is clever.
    • En changeant le tout par le partiel : He didn’t go outside= Il n’a pas mis le nez dehors.
    • Remplacer le concret par l’abstrait : Il a la tête sur les épaules= He is sensible.

    L’équivalence

    La notion d'équivalence peut être à la fois simple et complexe en traduction. Vinay et Darbelnet expliquent l'équivalence comme quelque chose de presque intrinsèquement culturel, en prenant l'exemple d'une personne qui exprime sa douleur. En anglais, on utilise le terme « ouch ! », tandis qu'en français, une traduction littérale de ce son ne serait d'aucune utilité pour le lecteur. Au lieu de cela, l'équivalent de « ouch ! » en français est « aïe ! ». Ces deux mots indiquent immédiatement au lecteur qu'il y a un certain niveau de douleur.

    L'équivalence concerne également les expressions idiomatiques, dans lesquelles tous les éléments lexicaux et grammaticaux sont présents, mais dont la traduction littérale laisserait le lecteur perplexe.

    • 1er cas de figure (malheureusement rare) : l’équivalent est identique

    - Prendre le taureau par les cornes =  To take the bull by the horns

    -Premier arrivé, premier servi =  First come, first served.

    -L’argent ne fait pas le bonheur =  Money can’t buy happiness.

    • 2ème cas: il existe un équivalent propre à la langue d’arrivée, mais il est très différent, donc il faut éviter le piège du calque. On parle parfois ici de « modulation métaphorique ».

    -Il a été pris la main dans le sac =  He was caught red-handed.

    -Ça m’a coûté les yeux de la tête =  It cost me an arm and a leg.

    -Quand les poules auront des dents =  When pigs fly.    

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    L’adaptation

    La procédure de traduction la plus complexe de Vinay et Darbelnet est la dernière, l'adaptation. L'adaptation s'apparente à l'équivalence dans la mesure où le traducteur cherche à rendre la langue source dans la langue cible tout en veillant à ce qu'elle soit aussi pertinente et significative que l'original. Imaginez que le texte source mentionne quelque chose qui soit tellement typiquement anglais que le traduire en français n'aurait absolument aucun sens, ou vice-versa. À ce stade, le traducteur doit recourir à l'adaptation. Un excellent exemple en est le terme « banlieue », qui peut être un peu à double tranchant lorsqu'il est traduit en anglais. Si les banlieues des villes françaises peuvent être riches ou pauvres, le terme est de plus en plus utilisé pour décrire les quartiers délabrés des villes où se trouvent des logements sociaux, ce qui n'est pas l'idée qui vient à l'esprit des Anglais lorsqu'ils entendent le terme « suburbs » (banlieues).

    Explication : Le mot « banlieue » en français n’a pas exactement le même sens que «suburb » en anglais, même si on les traduit souvent l’un par l’autre.

     En Français,

    • le mot banlieue désigne toutes les zones autour d’une grande ville, mais, dans le langage courant, il évoque souvent les zones défavorisées, les cités, les quartiers à problèmes (par exemple : la banlieue parisienne = quartiers pauvres, grands ensembles).

    En anglais (notamment britannique ou américain),

    • le mot suburb signifie simplement un quartier résidentiel à l’extérieur du centre-ville, et il évoque plutôt une zone tranquille et aisée, avec des maisons et des jardins (comme dans les films américains).

    Donc si tu traduis « banlieue » par « suburb », le lecteur anglophone va imaginer un quartier riche et calme, alors que le sens français peut être tout le contraire. C’est pour ça que le texte dit que ce mot est « à double tranchant » : il semble facile à traduire, mais il peut induire en erreur culturellement.

    Banlieue = the outskirts