Cours. Leçon développée n°1:Chapitre 7. Lire un texte argumentatif
· M.BENMEDJAHED
· Module français
· PROMO : Espagnole L3 .
· Année 2023-2024
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Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne |
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Module |
Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1, matière « Langue étrangère », enseignée en français) |
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Niveau |
Licence 3 (troisième année de licence), filière Espagnol, spécialité Langue espagnole |
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Type d’enseignement |
Cours |
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Semestre |
Semestre 2 de la troisième année (semestre 6 de la licence) |
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Place dans le semestre |
Semaines 2 et 3 du semestre 2 |
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Numéro et titre de la leçon |
Chapitre 7. Lire un texte argumentatif |
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Enseignant |
Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB) |
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Année universitaire |
2023/2024 |
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Référence du fichier |
L3_S2_COURS_01 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en troisième année de licence : comprendre, organiser et communiquer à l’écrit et à l’oral » |
Chapitre 7. Lire un texte argumentatif
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Fiche du chapitre Domaine de compétence : compréhension de l’écrit | Semaines : 2 et 3 du semestre 2 Objectifs • distinguer le thème et la thèse d’un texte ; • identifier les arguments, les exemples et la thèse réfutée ; • reconnaître les principaux types d’arguments ; • repérer les marques de l’opinion et les degrés de certitude ; • reconstituer le schéma argumentatif d’un texte. Compétences travaillées : C1 et C8, en prolongement du chapitre 1. Prolongement proposé : analyse d’une tribune ou d’un éditorial de presse francophone selon le schéma de la section 7.4. Évaluation : en cours de chapitre, exercices 31 à 35 ; travaux d’application, série 5 ; examen du semestre 2, partie A. |
Le chapitre 1 a présenté le texte argumentatif parmi les autres types de textes. Le semestre 2 lui consacre trois chapitres, parce que l’argumentation traverse une grande partie des écrits et des discours universitaires : articles de presse, essais, introductions d’ouvrages, débats, sujets d’examen qui demandent de prendre position. Comprendre une argumentation consiste à identifier la question à laquelle le texte répond, la position qu’il défend et les moyens par lesquels il cherche à convaincre. Les travaux consacrés à l’argumentation montrent que ces moyens sont à la fois logiques et discursifs : un texte convainc par ses raisons, mais aussi par la manière dont il les présente (Plantin, 1996 ; Amossy, 2000).
7.1. Thème, thèse, arguments, exemples
L’analyse d’un texte argumentatif repose sur quatre notions qu’il convient de distinguer avec précision.
Tableau 32. Les notions de base de l’analyse argumentative
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Notion |
Définition |
Exemple |
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Thème |
Le sujet dont parle le texte ; il se formule par un groupe nominal |
L’usage du téléphone portable en cours |
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Thèse |
La position que défend l’auteur sur ce thème ; elle se formule par une phrase affirmative |
Il faut apprendre aux étudiants à utiliser le téléphone en cours plutôt que de l’interdire. |
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Argument |
Une raison avancée pour justifier la thèse |
L’interdiction est difficile à faire respecter. |
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Exemple |
Un fait particulier qui illustre ou appuie un argument |
Dans certains cours, les étudiants consultent un dictionnaire en ligne pendant la lecture. |
La distinction entre thème et thèse est la plus importante, et la plus souvent négligée. Le thème est neutre : il désigne une question sans prendre parti. La thèse affirme quelque chose et pourrait être contestée. « Le plurilinguisme des étudiants » est un thème ; « le plurilinguisme des étudiants constitue un atout pour leurs apprentissages » est une thèse.
De nombreux textes argumentatifs présentent aussi une thèse réfutée, c’est-à-dire la position adverse que l’auteur expose pour la contester. Elle se signale par des formules qui attribuent l’opinion à d’autres (certains pensent que, on entend souvent dire que, selon une idée répandue) et par un connecteur d’opposition qui introduit ensuite la thèse de l’auteur (or, pourtant, en réalité). Confondre la thèse réfutée avec la thèse défendue constitue un contresens grave, qu’une lecture attentive des connecteurs permet d’éviter.
7.2. Les types d’arguments
Les arguments ne tirent pas tous leur force de la même source. Reconnaître leur type permet d’évaluer leur solidité et, plus tard, de varier ses propres arguments.
Tableau 33. Les principaux types d’arguments
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Type |
Principe |
Exemple |
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Argument par les faits |
S’appuie sur des données, des chiffres, des observations |
Six étudiants sur sept ont validé leur semestre après un an de tutorat. |
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Argument d’autorité |
S’appuie sur l’avis d’une personne ou d’une institution reconnue |
Comme le rappelle le Conseil de l’Europe, la compétence plurilingue est une ressource. |
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Argument logique |
Établit une relation de cause à conséquence |
Si l’on interdit l’outil, on renonce à apprendre aux étudiants à s’en servir. |
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Argument par analogie |
Compare la situation à une autre, mieux connue |
Interdire le téléphone en cours reviendrait à interdire le stylo parce que certains dessinent pendant le cours. |
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Argument par les valeurs |
Fait appel à des principes partagés : justice, liberté, responsabilité |
Former des citoyens responsables suppose de leur faire confiance. |
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Argument pragmatique |
Met en avant les conséquences pratiques, avantageuses ou fâcheuses |
Cette mesure ferait gagner un temps précieux aux étudiants. |
L’argument par l’exemple occupe une place à part. Un exemple ne démontre rien à lui seul : un cas particulier ne suffit pas à établir une règle générale. Il rend cependant un argument concret et donc plus convaincant. Dans un texte bien construit, l’exemple accompagne l’argument ; il ne le remplace pas.
7.3. Les marques de l’opinion et la modalisation
Un texte argumentatif porte la trace de son auteur. Cette présence s’exprime par des marques que l’on appelle marques de l’énonciation (Kerbrat-Orecchioni, 1980) : pronoms de la première personne (je, nous), verbes d’opinion (penser, estimer, considérer), lexique évaluatif, mélioratif ou péjoratif (une mesure judicieuse, une interdiction absurde), tournures impersonnelles qui présentent une opinion comme une évidence (il est clair que, il est indéniable que), ponctuation expressive.
Parmi ces marques, la modalisation indique le degré de certitude avec lequel l’auteur présente ses affirmations. Elle passe par des adverbes, des verbes, des tournures et par le mode verbal. Savoir la repérer permet de distinguer ce que l’auteur affirme fermement de ce qu’il avance avec prudence.
Tableau 34. Les degrés de certitude et leurs marques
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Degré |
Marques usuelles |
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Certitude |
certainement, sans aucun doute, il est évident que, il est certain que, assurément ; indicatif présent sans modalisateur |
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Forte probabilité |
sans doute, probablement, il est probable que, tout porte à croire que |
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Possibilité |
peut-être, il est possible que (suivi du subjonctif), il se peut que, pouvoir (cette mesure pourrait réduire...) |
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Distance ou doute |
conditionnel journalistique (le projet aurait été abandonné), il semblerait que, selon certains, prétendument |
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Note comparative : l’opinion et le mode verbal Le français et l’espagnol suivent la même logique pour les verbes d’opinion. À la forme affirmative, ils sont suivis de l’indicatif : creo que tiene razón, je crois qu’il a raison. À la forme négative ou interrogative, lorsque le doute est marqué, ils sont suivis du subjonctif : no creo que tenga razón, je ne crois pas qu’il ait raison. Les hispanistes peuvent s’appuyer sur ce parallélisme. La correspondance est moins régulière pour certaines tournures impersonnelles. Es posible que et il est possible que sont tous deux suivis du subjonctif ; en revanche, il est probable que est suivi de l’indicatif en français (il est probable qu’il viendra), alors que es probable que appelle le subjonctif en espagnol (es probable que venga). |
7.4. Reconstituer le schéma argumentatif
Reconstituer le schéma argumentatif d’un texte, c’est en dégager la structure logique, indépendamment de l’ordre dans lequel les éléments apparaissent. On procède en cinq étapes. On formule d’abord la question à laquelle le texte répond, souvent implicite. On identifie ensuite la thèse défendue et, s’il y a lieu, la thèse réfutée. On relève les arguments, en indiquant pour chacun son type et l’exemple qui l’accompagne. On repère les concessions, c’est-à-dire les éléments de la thèse adverse que l’auteur accepte. On formule enfin la conclusion ou la proposition de l’auteur.
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Texte support, rédigé pour le cours Le téléphone en cours : interdire ou apprendre à s’en servir ? « Faut-il bannir le téléphone portable des salles de cours ? La question revient à chaque rentrée, et nombreux sont ceux qui répondent par l’affirmative. Le téléphone, disent-ils, détourne l’attention, encourage la tricherie et transforme le cours en bruit de fond. Ces inquiétudes sont légitimes. Il serait pourtant illusoire de croire qu’une interdiction suffira à les dissiper. D’abord, une telle mesure est difficile à faire respecter. Un enseignant qui doit surveiller en permanence les téléphones de quarante étudiants n’enseigne plus : il contrôle. L’expérience montre d’ailleurs que les interdictions de ce type sont rapidement contournées, ce qui affaiblit l’autorité de la règle elle-même. Ensuite, et surtout, l’interdiction prive les étudiants d’un apprentissage nécessaire. Le téléphone n’est pas seulement un instrument de distraction ; il donne accès à des dictionnaires, à des bases documentaires, à des outils de traduction et de prise de notes. Dans un cours de langue, par exemple, vérifier le sens d’un mot pendant la lecture d’un texte peut être un geste utile, à condition d’avoir appris à le faire au bon moment et avec les bons outils. Or cet apprentissage ne se fera pas si l’outil est exclu de la classe. Enfin, l’université a pour mission de former des adultes responsables. Une règle qui repose uniquement sur l’interdiction traite les étudiants en élèves qu’il faut surveiller. Une règle qui repose sur des usages négociés (téléphone posé sur la table et retourné pendant les explications, consultation autorisée lors des activités de recherche) leur apprend au contraire à gérer eux-mêmes leur attention. Certes, cette démarche demande du temps et ne supprimera pas tous les abus. Mais elle a le mérite de préparer les étudiants à la vie professionnelle, où personne n’interdira leur téléphone et où il faudra savoir s’en servir à bon escient. Plutôt que d’interdire, il est donc préférable d’apprendre à utiliser. » |
7.5. Activités d’application
Les exercices progressent de la notion isolée au texte complet. Les deux premiers portent sur la distinction entre thème, thèse, argument et exemple ; les deux suivants, sur les types d’arguments et la modalisation ; le dernier demande de reconstituer le schéma argumentatif du texte support.
Exercice 31. Thème ou thèse ?
Consigne. Indiquez si chaque énoncé formule un thème ou une thèse. Transformez ensuite chaque thème en une thèse plausible.
a) L’apprentissage des langues étrangères à l’école primaire.
b) Les travaux de groupe développent des compétences que le travail individuel ne permet pas d’acquérir.
c) La place de la lecture dans la vie des étudiants.
d) Les examens écrits ne mesurent qu’une partie des compétences des étudiants.
e) Le bénévolat étudiant.
f) La traduction automatique ne remplacera pas les traducteurs humains.
Exercice 32. Identifier thèse, arguments et exemples
Consigne. Dans le paragraphe suivant, identifiez la thèse, les deux arguments et l’exemple.
« Les séjours d’études à l’étranger devraient être encouragés pour tous les étudiants de langues. En effet, rien ne remplace l’immersion pour progresser à l’oral : entendre la langue toute la journée oblige à la comprendre et à la parler. De plus, ces séjours développent l’autonomie, puisqu’il faut s’organiser seul dans un environnement nouveau. Une étudiante qui a passé un semestre à Grenade racontait ainsi qu’elle avait davantage progressé en quatre mois qu’en deux années de cours. »
Exercice 33. Reconnaître les types d’arguments
Consigne. Indiquez le type de chacun des arguments suivants en vous appuyant sur le tableau 33.
a) « Selon l’UNESCO, l’enseignement dans plusieurs langues favorise la réussite scolaire. »
b) « Si les étudiants lisent davantage, ils écriront mieux, car la lecture fournit des modèles d’écriture. »
c) « Apprendre une langue sans pratiquer l’oral, c’est apprendre à nager sans entrer dans l’eau. »
d) « Ce dispositif réduirait de moitié le temps d’attente au secrétariat. »
e) « L’égalité des chances impose que tous les étudiants aient accès aux mêmes ressources. »
Exercice 34. Repérer et faire varier la modalisation
Consigne. Classez les énoncés suivants selon le degré de certitude qu’ils expriment, puis réécrivez les énoncés b et d en exprimant un degré de certitude plus faible.
a) Il se peut que la réforme soit reportée.
b) Il est évident que les étudiants préfèrent les cours interactifs.
c) Le ministère aurait l’intention de modifier le calendrier.
d) Cette méthode améliore les résultats des étudiants.
e) La fréquentation de la bibliothèque augmentera probablement l’an prochain.
Exercice 35. Reconstituer le schéma argumentatif du texte support
Consigne. Après une lecture attentive du texte « Le téléphone en cours : interdire ou apprendre à s’en servir ? », complétez les rubriques suivantes.
a) Question posée par le texte.
b) Thèse réfutée et marques qui la signalent.
c) Thèse défendue, formulée en une phrase.
d) Arguments, avec leur type et, le cas échéant, leur exemple.
e) Concession et connecteur qui l’introduit.
f) Conclusion de l’auteur ; relevez deux marques de son opinion.
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Synthèse : ce qu’il faut retenir • Le thème est le sujet du texte ; la thèse est la position défendue sur ce sujet. • La thèse réfutée est la position adverse que l’auteur expose pour la contester ; les connecteurs permettent de la distinguer de la thèse défendue. • Les arguments s’appuient sur des faits, une autorité, un raisonnement logique, une analogie, des valeurs ou des conséquences pratiques ; l’exemple illustre un argument sans le remplacer. • La modalisation indique le degré de certitude : certitude, probabilité, possibilité, distance. • Le schéma argumentatif se reconstitue en cinq étapes : question, thèse, arguments, concessions, conclusion. |
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Réinvestissement Choisissez une tribune ou un éditorial publié dans la presse francophone sur une question d’éducation, de société ou de culture. Reconstituez son schéma argumentatif selon les cinq étapes de la section 7.4. Indiquez ensuite l’argument qui vous paraît le plus solide et celui qui vous paraît le plus fragile, en justifiant votre choix en quelques lignes : ce travail prépare directement le chapitre 8. |
7.6. Travaux d’application, série 5 : analyser une argumentation
Chapitre mobilisé : 7. Objectif : reconstituer le schéma argumentatif d’un texte nouveau et analyser ses marques d’opinion.
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Texte support, rédigé pour le cours Faut-il encore apprendre à écrire à la main ? « À l’heure où l’on écrit davantage sur un clavier que sur une feuille, certains jugent inutile de consacrer du temps à l’écriture manuscrite. Pourquoi s’imposer un apprentissage long, disent-ils, quand la machine écrit plus vite et plus lisiblement ? L’argument paraît de bon sens. Il néglige pourtant ce que l’écriture à la main apporte à la pensée. Écrire à la main oblige à ralentir. Ce ralentissement, que l’on prend volontiers pour un défaut, est en réalité une chance : il laisse à l’esprit le temps de sélectionner et de reformuler. Un étudiant qui prend des notes à la main ne peut pas tout écrire ; il doit choisir, et ce choix est déjà un travail de compréhension. L’écriture manuscrite reste par ailleurs indispensable dans de nombreuses situations : la plupart des examens universitaires se passent encore sur papier, et l’on ne dispose pas toujours d’un appareil. Renoncer à l’écriture à la main, ce serait se rendre dépendant d’un outil. Certes, il serait absurde de refuser le clavier, dont les avantages sont évidents pour la rédaction de textes longs. Mais les deux pratiques ne s’excluent pas. Il me semble préférable de les considérer comme complémentaires et de continuer à apprendre l’une sans renoncer à l’autre. » |
Série 5, exercice 1. Reconstituer le schéma argumentatif
Consigne. Formulez la question posée par le texte, la thèse réfutée et la thèse défendue. Relevez les deux arguments, indiquez leur type et l’exemple qui accompagne chacun. Relevez la concession et le connecteur qui l’introduit.
Série 5, exercice 2. Analyser la modalisation
Consigne. Relevez quatre marques de l’opinion de l’auteur et classez-les : lexique évaluatif, verbe ou tournure d’opinion, modalisateur de certitude. Réécrivez ensuite la dernière phrase du texte en exprimant une certitude plus forte, puis une certitude plus faible.
7.7. Corrigés des activités et des travaux d’application
Exercice 31. a) Thème ; thèse possible : « L’apprentissage d’une langue étrangère dès l’école primaire facilite les apprentissages ultérieurs. » b) Thèse. c) Thème ; thèse possible : « La lecture occupe une place de plus en plus réduite dans la vie des étudiants. » d) Thèse. e) Thème ; thèse possible : « Le bénévolat étudiant développe des compétences utiles à la vie professionnelle. » f) Thèse.
Exercice 32. Thèse : les séjours d’études à l’étranger devraient être encouragés pour tous les étudiants de langues. Argument 1 : l’immersion fait progresser à l’oral. Argument 2 : le séjour développe l’autonomie. Exemple : l’étudiante qui a passé un semestre à Grenade.
Exercice 33. a) Argument d’autorité ; b) argument logique ; c) argument par analogie ; d) argument pragmatique ; e) argument par les valeurs.
Exercice 34. Certitude : b et d ; probabilité : e ; possibilité : a ; distance : c. Réécritures : b) « Il semble que les étudiants préfèrent les cours interactifs. » d) « Cette méthode pourrait améliorer les résultats des étudiants. »
Exercice 35. a) Faut-il interdire le téléphone portable en cours ? b) Thèse réfutée : il faut bannir le téléphone, qui distrait, favorise la tricherie et perturbe le cours ; marques : « nombreux sont ceux qui répondent par l’affirmative », « disent-ils », puis le connecteur « pourtant ». c) Plutôt que d’interdire le téléphone en cours, il faut apprendre aux étudiants à s’en servir. d) Argument 1, pragmatique : l’interdiction est difficile à faire respecter (exemple : l’enseignant qui surveille quarante téléphones). Argument 2, logique : l’interdiction empêche un apprentissage nécessaire (exemple : vérifier le sens d’un mot pendant la lecture). Argument 3, par les valeurs : l’université forme des adultes responsables (exemple : les usages négociés). e) « Certes, cette démarche demande du temps et ne supprimera pas tous les abus. Mais... » : certes... mais. f) « Plutôt que d’interdire, il est donc préférable d’apprendre à utiliser. » Marques d’opinion : il serait pourtant illusoire, il est donc préférable, ces inquiétudes sont légitimes.
Série 5. Question : faut-il encore apprendre à écrire à la main ? Thèse réfutée : l’écriture manuscrite serait devenue inutile (certains jugent, disent-ils). Thèse défendue : l’écriture à la main et l’écriture au clavier sont complémentaires, et il faut continuer à apprendre la première. Argument 1, logique : écrire à la main ralentit et laisse le temps de sélectionner (exemple : la prise de notes). Argument 2, pragmatique : l’écriture manuscrite reste indispensable (exemple : les examens sur papier). Concession : Certes... Mais. Marques d’opinion : en réalité une chance, il serait absurde, il me semble préférable. Réécritures : « Il est évident qu’il faut les considérer comme complémentaires... » ; « Peut-être serait-il préférable de les considérer comme complémentaires... »
Références bibliographiques de la leçon
Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.
1. Références citées dans la leçon
Amossy, R. (2000). L’argumentation dans le discours : discours politique, littérature d’idées, fiction. Paris : Nathan.
Kerbrat-Orecchioni, C. (1980). L’énonciation : de la subjectivité dans le langage. Paris : Armand Colin.
Plantin, C. (1996). L’argumentation. Paris : Seuil.