Introduction

L’étude de l’architecture des temps de l’indicatif dans le cadre du récit constitue une pierre angulaire pour comprendre non seulement la structuration temporelle du discours, mais aussi les mécanismes par lesquels la narration se construit et s’adapte au contexte communicationnel. En effet, les temps verbaux ne sont pas de simples marqueurs calendaires, désignant une chronologie objective des événements ; ils forment un système complexe et dynamique, qui interagit avec la perspective narrative, les modalités discursives, ainsi que les attentes implicites des interlocuteurs. Cette leçon vise à introduire les fondements théoriques et pratiques qui permettent d’appréhender ce système dans sa globalité, en insistant tout particulièrement sur son rôle dans l’organisation du récit.

Le fonctionnement du système temporel de l’indicatif s’appuie sur diverses dichotomies classiques, à commencer par celles mises en avant par Benveniste et Weinrich, qui ont profondément influencé la réflexion contemporaine sur la catégorie de temps. Ces dichotomies proposent un découpage entre temps de récit et temps de discours, ou encore entre temps absolutisés et relatifs, et servent de cadres analytiques pour décrire comment les temps se combinent et se hiérarchisent en situation narrative 1 (F Revaz, G Lugrin, JM Adam - F Revaz). Cette première dimension montre que le temps grammatical ne peut se comprendre isolément, mais seulement en relation avec une instance énonciative qui place les événements sur une ligne chronologique présumée, le plus souvent flexible et plurielle.

Au-delà de cette structuration binaire, il est essentiel d’intégrer la fonction pragmatique des temps dans le récit. Par exemple, le présent de l’indicatif, souvent perçu comme le simple marqueur du moment d’énonciation, remplit des rôles beaucoup plus complexes dans le texte narratif. Il est employé pour désigner des événements passés dans certains contextes, jouant une fonction esthétique et dynamique, procurant une immédiateté au récit et contribuant à créer une tension narrative 2 (G Serbat - G Serbat). Cette polysémie du présent illustre la plasticité des temps verbaux, qui ne se réduisent pas à leur valeur canonique, mais sont modelés par le type de discours et les enjeux communicationnels.

L’examen du futur de l’indicatif révèle également la richesse du système temporel narratif. Ce temps, traditionnellement associé à une projection dans l’avenir, est parfois mobilisé dans le récit pour anticiper, pour annoncer des faits à venir, ou encore pour instiller une certaine tonalité ironique ou emphatique 3 (J Bres - J Bres). Cette souplesse fonctionnelle renforce la nécessité de considérer les temps verbaux non comme des catégories figées, mais comme des éléments d’un système textuel interconnecté, porteur d’effets de sens variables selon les contextes discursifs.

Cette introduction a pour vocation d’établir les bases d’une analyse approfondie du système des temps de l’indicatif dans le récit, en présentant les grandes lignes théoriques qui permettront de comprendre leur usage à la fois à un niveau syntaxique, sémantique et pragmatique. Appréhender ce système de manière holistique est indispensable, car la maîtrise des temps influe directement sur la capacité à interpréter, produire et enseigner la langue française dans sa dimension narrative, que ce soit dans un cadre académique ou professionnel.

Ainsi, cette leçon inaugurale ouvre la voie à une exploration détaillée des différentes nuances et combinaisons possibles des temps du récit, en insistant sur leur portée fonctionnelle et discursive. À travers ce prisme, les étudiants pourront développer une compréhension fine, critique et opérationnelle de la temporalité dans le français, surpassant une vision simpliste ou mécanique pour saisir les ressorts linguistiques et communicationnels qui sous-tendent toute construction narrative.

Temps simples et temps composés : la notion d'accompli

La distinction entre temps simples et temps composés dans l’indicatif constitue un élément central pour appréhender la notion d’accompli, qui joue un rôle fondamental dans la structuration temporelle du récit. Cette dichotomie grammaticale n’est pas seulement formelle ; elle traduit des rapports complexes entre le moment de l’énonciation, celui de l’événement lui-même, et la perspective adoptée par le narrateur. Autrement dit, la différence entre temps simples (comme le passé simple, l’imparfait, le présent ou le futur) et temps composés (tels que le passé composé, le plus-que-parfait, le passé antérieur, ou le futur antérieur) est étroitement liée à la façon dont le locuteur articule la dimension achevée ou non achevée d’une action dans le temps. Cette articulation reflète ainsi une conception dynamique de la temporalité verbale, où l’état de complétude de l’action (ou d’un événement) est une clé d’interprétation primordiale du récit.

Il convient de préciser que la notion d’accompli correspond à la réalisation effective d’une action ou d’un état dans un espace temporel antérieur, ou du moins perçu comme achevé au moment de l’énonciation ou dans la perspective narrative. Le passé composé, par exemple, est souvent analysé comme un temps accompli par excellence : il dénote une action entièrement réalisée, tout en pouvant demeurer fortement ancré dans le présent ou en lien avec celui-ci. Cette caractéristique confère au passé composé une place singulière dans la communication orale et dans les récits, où il peut exprimer un fait vécu ou un événement raconté avec une certaine immédiateté, actualisant la temporalité 2 (G Serbat - G Serbat). Contrairement à cela, le passé simple, temps simple et accompli, est plus typique des récits écrits littéraires et affiche une forme de distanciation, d’objectivation des faits achevés, conférant au récit une progression chronologique marquée.

L’opposition entre temps simples et temps composés peut s’inscrire dans une analyse plus large des dichotomies déterminantes pour le système temporel proposé par Benveniste et Weinrich, notamment en ce qui concerne la relation entre temps absolus et relatifs, ou récit et discours 1 (F Revaz, G Lugrin, JM Adam - F Revaz). Le système doit être compris comme un réseau dans lequel les temps composés jouent un rôle pivot à travers la notion d’accompli, soulignant que ces temps constituent des repères valides pour situer les événements dans une ligne temporelle narrative et pour établir des relations de cause à effet, d’antériorité ou de simultanéité. Par exemple, le plus-que-parfait, en tant que temps composé de l’indicatif, assure une fonction d’antériorité par rapport à un autre événement passé, renforçant l’organisation emboîtée du récit.

Il est également essentiel de noter que la distinction temps simples/temps composés ne se limite pas à une simple opposition formelle, mais s’accompagne d’une différence sémantique et pragmatique profonde. Le recours aux temps composés pour exprimer l’accompli permet souvent au locuteur-narrateur de s’inscrire dans une perspective rétrospective, créant une certaine multifocalisation temporelle. Le temps composé articule en effet la simultanéité d’une phase de référence (le moment d’énonciation ou un moment passé pris comme point de vue) et la complétude de l’action par rapport à ce repère. Cette double articulation contribue grandement à la richesse du système narratif, donnant au récit toute sa profondeur temporelle et sa capacité à représenter les événements sous différents angles temporels.

La complexité du système des temps dans le récit se manifeste également par les nuances apportées à la notion d’accompli selon les contextes textuels et discursifs. Le présent de l’indicatif, auparavant présenté comme un temps « flou » en termes d’ancrage temporel, peut occasionnellement intégrer une valeur d’accompli, notamment dans le récit oral où il joue le rôle d’un « présent historique » ou d’un « présent de narration » pour rendre un fait passé vivant et immédiat 2 (G Serbat - G Serbat). Cette fonctionnalité témoigne de la plasticité du système verbal qui dépasse les cadres rigides de la morphosyntaxe pour s’adapter aux exigences du discours et aux effets stylistiques recherchés par le narrateur.

Le futur antérieur, quant à lui, en tant que temps composé de l’indicatif, apporte une nuance d’achèvement projeté dans un futur antérieur à un autre moment futur. Cette valeur grammaticale renforce la dimension anticipative des récits, souvent mise en perspective négociée avec l’auditoire, et souligne la hiérarchisation des temps dans l’organisation narrative 3 (J Bres - J Bres). De la sorte, les temps composés ne sont pas seulement des marqueurs d’accompli passé, mais aussi des instruments temporels flexibles permettant d’articuler des relations complexes entre diverses phases temporelles dans le récit.

À partir de cette analyse, il apparaît clairement que la notion d’accompli s’articule de manière privilégiée à la distinction entre temps simples et temps composés, en formant un pilier conceptuel indispensable pour comprendre l’architecture du système du récit. Cette organisation traduit une préoccupation fondamentale du système verbal français : celle de représenter l’écoulement du temps et la réalisation des faits en tenant compte non seulement de leur chronologie objective, mais aussi de la perspective subjective et narrative adoptée par l’énonciateur.

Il s’ensuit que toute analyse ou enseignement des temps verbaux dans le récit devra s’intéresser à cette interaction entre forme grammaticale (temps simple vs temps composé) et valeur sémantico-pragmatique (notion d’accompli), en explorant les usages effectifs des temps dans différents types de textes et contextes. Cette démarche permet de dépasser une conception trop mécaniste ou purement chronologique pour saisir les fonctions discursives profondes des temps, contribuant ainsi à une maîtrise plus fine et plus critique de la temporalité narrative dans la langue française.

En définitive, la prise en compte de la notion d’accompli à travers la distinction entre temps simples et temps composés ouvre une voie féconde pour une compréhension approfondie des motivations qui régissent les choix temporels dans la construction du récit. Elle éclaire également la polysémie et la richesse fonctionnelle des temps de l’indicatif, illustrant la complexité du système verbal français auquel il importe de s’attacher pour toute étude poussée de la temporalité en langue étrangère, conformément aux perspectives analytiques contemporaines 1 (F Revaz, G Lugrin, JM Adam - F Revaz)2 (G Serbat - G Serbat)3 (J Bres - J Bres).

L'axe du passé : le combat entre l'imparfait et le passé composé

L’examen de l’axe du passé, qui met en lumière la tension persistante et riche entre l’imparfait et le passé composé, révèle une dynamique centrale dans la structuration temporelle du récit. Ces deux temps, bien qu’appartenant tous deux au domaine de l’indicatif passé, jouent des rôles distincts, souvent en opposition implicite, qui transcendent leur simple forme grammaticale pour construire une temporalité narrative subtile et nuancée. Cette confrontation s’inscrit logiquement dans la réflexion précédente sur la dichotomie entre temps simples et composés, et plus largement sur la notion d’accompli, puisque l’imparfait et le passé composé incarnent deux modalités différentes, voire concurrentes, d’appréhension du passé.

L’imparfait se caractérise par son rapport à la notion d’inaccompli ou de duratif. Il évoque des actions ou des états en cours dans le passé, sans marquer leur achèvement ou leur borne définitive. Cette valeur aspectuelle confère à l’imparfait une qualité descriptive, souvent employée pour installer un cadre, décrire des habitudes, des arrière-plans ou des situations duratives servant de toile de fond au récit. Rar contraste, le passé composé s’ancre dans la sphère de l’accompli ; il dénote une action achevée, révolue, mais souvent présentée dans une proximité avec le moment de l’énonciation ou dans une actualisation palpable des faits racontés. Cette double articulation temporelle et aspectuelle confère au passé composé une vivacité narrative et un caractère événementiel, souvent utilisé dans le récit oral contemporain pour relater des expériences vécues ou des événements ponctuels survenus dans un passé récent 2 (G Serbat - G Serbat).

La tension entre ces deux temps, parfois perçue comme un véritable « combat » dans les usages, traduit des enjeux d’organisation narrative complexes. Tout d’abord, elle illustre la façon dont le récit articule l’enchaînement des événements concrets (passé composé) avec la toile de fond temporelle ou psychologique (imparfait) sur laquelle ils se déploient. Par exemple, dans un récit, on trouvera fréquemment l’association d’un imparfait pour décrire le contexte ou un état persistant (« Il faisait sombre, la pluie tombait doucement ») suivi de passé composé pour marquer une action ponctuelle et achevée (« Soudain, un bruit a retenti »). Ce contraste crée un effet de profondeur temporelle, qui structurant le récit, rend lisible la dynamique entre continuité et rupture temporelle, entre cadre stable et événement perturbateur. Cette complémentarité fonctionne ainsi comme un système implicite d’organisation du récit permettant au locuteur de hiérarchiser et de rythmer les informations temporelles.

Rar ailleurs, cette opposition ne se limite pas à une simple distinction fonctionnelle mais engage également une différence pragmatique dans la relation au discours. Le passé composé, notamment dans le français oral, tend à situer les événements dans une temporalité référentielle marquée, parfois perçue comme plus immédiate, voire plus vivante, tandis que l’imparfait instaure une certaine distance, une modalité plus réflexive ou méditative. Cette dimension est essentielle pour comprendre les choix narratifs, d’autant plus que, dans la tradition écrite, le passé simple, autre temps simple et accompli, rivalisait historiquement avec le passé composé dans les récits littéraires pour marquer l’enchaînement des actions achevées, proposant ainsi un modèle plus distancié et formel, aujourd’hui en partie supplanté par le passé composé dans le langage courant 1 (F Revaz, G Lugrin, JM Adam - F Revaz)3 (J Bres - J Bres).

L’enjeu pédagogique découle de cette opposition, qui soulève des difficultés pour les apprenants de français langue étrangère. Comprendre quand et comment choisir entre imparfait et passé composé revient à maîtriser non seulement des règles syntaxiques et morphologiques, mais aussi à saisir profondément la temporalité narrative et les mécanismes aspectuels propres à la langue française. Ce combat des temps correspond aussi à une approche dynamique de la temporalité dans le récit, qu’il faut aborder en relation avec la progression du discours, la focalisation narrative, ainsi que les indices contextuels, comme la présence d’adverbes temporels ou d’expressions temporelles qui orientent la lecture du temps utilisé 2 (G Serbat - G Serbat).

D’un point de vue théorique, cette confrontation prend place dans les analyses qui déconstruisent la dichotomie classique récit/discours pour mieux appréhender la complexité du système des temps en français. Les travaux de Revaz, Lugrin et Adam insistent sur la nécessité de dépasser les oppositions binaires trop rigides afin de considérer l’interdépendance et la hiérarchie relative des temps, qui s’inscrivent dans un continuum temporel dynamique où l’imparfait et le passé composé jouent des fonctions complémentaires mais également parfois concurrentes 1 (F Revaz, G Lugrin, JM Adam - F Revaz). Leur interaction enrichit la texture narrative et influence la perception temporelle du lecteur ou de l’auditeur, conférant au passé une dimension à la fois vécue, immergée, et contée.

Enfin, il convient d’évoquer la diversité des pratiques discursives et régionales qui nuancent ce combat entre imparfait et passé composé. Dans le français contemporain oral, le passé composé tend à s’imposer largement comme le temps privilégié du passé accompli, diluant progressivement l’ancien usage du passé simple dans les récits courants, tandis que l’imparfait garde sa place constante comme marqueur du contexte et de la durée. Cette évolution tend à simplifier, mais aussi à complexifier, la perception didactique de ces temps, qui restent essentiels pour la cohérence temporelle et la profondeur narrative, indépendamment de ces variations 2 (G Serbat - G Serbat)3 (J Bres - J Bres).

En somme, le combat entre imparfait et passé composé ne peut être réduit à une opposition binaire figée ; il doit être compris comme une interaction riche, incarnant différents registres temporels et aspectuels qui participent activement à la construction de la temporalité narrative en français. Leur étude approfondie, articulée avec l’analyse des autres temps composés et simples évoqués précédemment, constitue une étape majeure dans la compréhension globale du système du récit à l’indicatif, et offre un éclairage précieux pour l’enseignement et l’apprentissage des subtilités de la langue française.

Conclusion

L’analyse approfondie du système des temps de l’indicatif dans le cadre du récit révèle à quel point cette architecture verbale est porteuse d’une organisation temporelle complexe et hiérarchisée, indispensable à la cohérence et à la richesse de la narration en français. Ce parcours à travers les différentes catégories temporelles a permis de mettre en lumière non seulement les fonctions spécifiques de chaque temps, mais surtout la manière dont ils s’articulent au sein d’un système dynamique, dans lequel convergent et s’opposent des valeurs aspectuelles et discursives multiples.

Les tensions et complémentarités observées entre imparfait et passé composé incarnent particulièrement cette complexité. Ils soulignent que la temporalité en français n’est pas simplement une question d’alignement chronologique, mais qu’elle suppose une façade plus subtile, où se jouent simultanément des rapports d’achèvement et de continuité, de proximité et de distanciation, en fonction des besoins narratifs. Cette dialectique entre événements ponctuels et cadre duratif maintient un équilibre qui structure profondément la compréhension et la perception du récit par le récepteur. La variation de ces temps dans la narration orale ou écrite devient alors moins un obstacle qu’un levier puissant de modulation stylistique et de cohérence pragmatique 1 (F Revaz, G Lugrin, JM Adam - F Revaz)2 (G Serbat - G Serbat)3 (J Bres - J Bres).

Rar ailleurs, envisager les temps dans leur dimension systémique et interreliée invite à dépasser les dichotomies traditionnelles telles que récit versus discours, ou temps simples versus temps composés. Ces distinctions, bien que heuristiques, portent le risque de figer la réalité linguistique dans un modèle figé, alors que les recherches récentes indiquent une hiérarchisation plus souple et dynamique, où chaque temps joue un rôle différencié en fonction du contexte discursif, du point de vue du locuteur, mais aussi des indices énonciatifs environnants. L’étude de Revaz, Lugrin et Adam met en relief l’importance de considérer le système des temps comme un continuum modulable où les frontières sont parfois poreuses, permettant d’appréhender les nuances fines d’actualisation temporelle, de focalisation et d’aspect 1 (F Revaz, G Lugrin, JM Adam - F Revaz).

Cette conception systémique prend également une ampleur particulière lorsqu’on la transpose aux usages effectifs et à la diversité des pratiques linguistiques. En effet, la progressive prédominance du passé composé dans l’oral contemporain, la relégation du passé simple au domaine littéraire ou formel, sans oublier les variations dialectales ou régionales, démontrent que le système des temps est vivant, en perpétuelle évolution. Comprendre cette plasticité devient nécessaire pour tout enseignement du français langue étrangère, afin d’équiper les apprenants d’une compétence à la fois normative et adaptable, capable d’intégrer les gestes narratifs réels des locuteurs natifs 2 (G Serbat - G Serbat)3 (J Bres - J Bres).

Enfin, ce premier volet consacré à l’architecture des temps de l’indicatif dans le récit établit un socle théorique et pratique essentiel. Il ouvre la voie à des investigations complémentaires sur la temporalité narrative, qu’il s’agisse de la prise en compte du présent dans le récit, du futur et de ses emplois singuliers, ou encore de la construction des échelles temporelles plus longues dans le discours. Ces différentes perspectives permettront de prolonger la réflexion, toujours en lien avec le besoin d’éclairer les choix temporels dans leur intégralité, en tenant compte des faits de langue, de la traductibilité pédagogique et de la sensibilité narrative 1 (F Revaz, G Lugrin, JM Adam - F Revaz)3 (J Bres - J Bres).

Ainsi, la maîtrise de cette architecture temporelle complexe au cœur du récit n’est pas seulement un enjeu linguistique strict, mais constitue une compétence clé pour comprendre la dynamique du français en situation communicative, pour saisir la richesse expressive du récit et, in fine, pour enrichir l’expérience sensible du locuteur et de l’auditeur. Cette leçon pose en ce sens les fondations d’un parcours didactique rigoureux, qui vise à conjuguer précision grammaticale, profondeur théorique et intuition contextuelle.

Références bibliographiques

La constitution d’une bibliographie rigoureuse constitue un élément fondamental pour asseoir la validité scientifique et la portée didactique de toute approche académique, notamment dans le domaine de l’étude des temps verbaux en français. En effet, les références bibliographiques qui accompagnent cette leçon sur l’architecture des temps de l’indicatif dans le récit traduisent l’engagement envers une méthodologie fondée sur des travaux approfondis, reconnus et reconductibles, garantissant ainsi à la fois la fiabilité des analyses proposées et leur ancrage dans le panorama des recherches actuelles.

La sélection des sources s’est orientée vers des études qui, par leur portée théorique ou empirique, éclairent les nombreux aspects abordés précédemment : la dialectique des temps dans la narration, les tensions et complémentarités entre imparfait et passé composé, ainsi que la dynamique systémique des temps verbaux. L’ouvrage de Revaz, Lugrin et Adam 1 (F Revaz, G Lugrin, JM Adam - F Revaz), notamment, constitue un pivot conceptuel majeur ; il déconstruit la dichotomie classique récit/discours en soulignant la porosité des frontières temporelles, permettant une appréhension fine du système temporel du français. Cette posture théorique robuste permet d’intégrer la variabilité et la souplesse du système dans un cadre cohérent, élément indispensable à la compréhension des usages réels du français narratif.

En corroboration avec ce cadre, les analyses de G. Serbat 2 (G Serbat - G Serbat) approfondissent le rôle spécifique du présent de l’indicatif au sein du système verbal, notamment dans ses emplois narratifs, qui brouillent souvent la lecture chronologique au profit d’effets de vivacité et de simultanéité. Cette étude illustre comment un temps considéré comme « présent » peut, en contexte, avoir une portée passée marquée, soulignant ainsi la hiérarchie mouvante et contextuelle des temps décrite précédemment. Ce type de réflexion est indispensable à la construction d’une compensation didactique qui permette d’enseigner aux apprenants, non seulement des règles généralistes, mais aussi des modalités pratiques adaptées aux variations discursives authentiques.

De même, l’article de J. Bres 3 (J Bres - J Bres) sur le futur de l’indicatif enrichit la problématique en montrant comment ce temps, traditionnellement associé à l’anticipation, s’intègre dans des dispositifs narratifs complexes où ses valeurs peuvent être plurivoques, que ce soit dans des propositions conditionnelles, des promesses ou des actes de parole performatifs. De telles données offrent une continuité logique avec la réflexion sur les usages contextuels des temps, en élargissant la compréhension au-delà du simple présent-passé. Elles invitent à une lecture plus subtile et flexible des temps, nécessaire à toute démarche linguistique ou pédagogique cherchant à éviter les rigidités doctrinales.

La prise en compte de documents moins théoriques mais tout aussi instructifs sur l’interconnexion entre la langue et sa culture se révèle également pertinente. Rar exemple, les articles consacrés à l’histoire et à l’architecture symbolique, tels que ceux sur la Tour Eiffel 4 (La tour Eiffel), ou sur le City Hall de San Francisco et son architecture française 5 (French Morning), même s’ils paraissent à première vue éloignés du centre d’intérêt linguistique, nourrissent indirectement la réflexion sur l’interdisciplinarité dans l’enseignement du français langue étrangère. En effet, ils illustrent comment un patrimoine linguistique et culturel s’articule intimement avec d’autres formes d’expression humaines, contribuant ainsi à fournir un contexte d’apprentissage enrichi, où la temporalité narrative peut se projeter dans des dimensions historiques et culturelles, renforçant l’engagement des apprenants.

Enfin, la ressource de la Cité de l’architecture et du patrimoine 6 (Cité de l'architecture & du patrimoine) s’intègre dans cette bibliographie en fournissant un support documentaire précieux, focalisé sur la modernité architecturale française. Si l’on considère l’architecture comme une métaphore possible de la construction architecturale des temps verbaux, ce parallèle offre une clé heuristique originale pour aborder la complexité systémique du système des temps à travers une image porteuse et parlante. D’un point de vue pédagogique, utiliser des références culturelles et artistiques permet de stimuler l’intérêt et l’ouverture culturelle des étudiants, tout en maintenant un lien solide avec la structure linguistique étudiée.

Ainsi, la sélection bibliographique ne se limite pas à une simple liste de citations, mais traduit une réflexion approfondie sur les apports complémentaires des différentes disciplines et approches. Les références combinent la rigueur linguistique avec un regard ouvert sur les pratiques discursives concrètes, les potentialités didactiques, ainsi que l’interconnexion avec d’autres champs de savoir. Cette pluralité garantit que la leçon construite sur l’architecture des temps de l’indicatif dans le récit est non seulement bien ancrée dans la recherche, mais qu’elle invite aussi à une exploration pédagogique riche, adaptée aux enjeux contemporains du français langue étrangère. Les futurs développements du cours pourront ainsi s’appuyer sur ce socle bibliographique pour approfondir la réflexion sur les nuances de temporalité, en tenant compte des besoins variés des apprenants et des contextes culturels multiples dans lesquels le français s’inscrit.

Sources et références

1.    F Revaz, G Lugrin, JM Adam (1998). Pour en finir avec le couple récit/discours. F Revaz. https://www.persee.fr/doc/prati_0338-2389_1998_num_100_1_1853

2.    G Serbat (1980). La place du présent de l'indicatif dans le système des temps. G Serbat. https://www.persee.fr/doc/igram_0222-9838_1980_num_7_1_2466

3.    J Bres (2009). La marquise sortira à cinq heures… Futur de l'indicatif en français et textualité narrative. J Bres. https://www.researchgate.net/profile/Bres-Jacques/publication/281474414_La_marquise_sortira_a_cinq_heures_Futur_de_l'indicatif_en_francais_et_textualite_narrative/links/5a7d410eaca272341aed989d/La-marquise-sortira-a-cinq-heures-Futur-de-lindicatif-en-francais-et-textualite-narrative.pdf

4.    La tour Eiffel (2023). When the Eiffel Tower was a subject of controversyhttps://www.toureiffel.paris/en/news/history-and-culture/when-eiffel-tower-was-subject-controversy

5.    French Morning (2025). Le City Hall de San Francisco, une architecture très française qui mérite le détourhttps://www.frenchmorning.com/san-francisco-un-hotel-de-ville-aux-accents-tres-francais/

6.    Cité de l'architecture & du patrimoine (2018). Modern and Contemporary Architecturehttps://www.citedelarchitecture.fr/en/article/modern-and-contemporary-architecture


Modifié le: dimanche 10 mai 2026, 22:44