Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen

Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol

Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne

Module

Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1, matière « Langue étrangère », enseignée en français)

Niveau

Licence 3 (troisième année de licence), filière Espagnol, spécialité Langue espagnole

Type d’enseignement

Cours

Semestre

Semestre 1 de la troisième année (semestre 5 de la licence)

Semaine

Semaine 4 du semestre 1 (séance hebdomadaire de 1 h 30)

Intitulé de la séance (planning du polycopié)

Chapitre 2 (1) : les spécificités de l’oral, les stratégies d’écoute

Activités prévues (planning du polycopié)

Exercices 6 et 7

Chapitre de rattachement

Chapitre 2. Comprendre un document oral (séance 1 sur 2)

Contenu repris du polycopié

Chapitre 2 : titre et fiche du chapitre ; introduction ; sections 2.1, 2.2 et 2.3 ; section 2.5 : présentation des activités, exercices 6 et 7 ; section 2.7 : corrigés des exercices 6 et 7.

Enseignant

Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB)

Année universitaire

2023/2024

Référence du fichier

L3_S1_COURS_04 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en troisième année de licence : comprendre, organiser et communiquer à l’écrit et à l’oral »

 

Chapitre 2. Comprendre un document oral

Fiche du chapitre

Domaine de compétence : compréhension de l’oral   |   Semaines : 4 et 5 du semestre 1

Objectifs

•  identifier les caractéristiques d’un discours oral et ce qu’elles impliquent pour l’auditeur ;

•  adapter son écoute à l’objectif poursuivi : globale, sélective ou détaillée ;

•  repérer les marqueurs qui structurent un discours oral ;

•  prendre des notes exploitables à l’écoute.

Compétences travaillées : C2 et C3.

Prolongement proposé : écoute d’une émission radiophonique ou d’une conférence en français, de cinq à dix minutes, avec prise de notes et restitution écrite en dix lignes.

Évaluation : en cours de chapitre, exercices 6 à 10 ; travaux d’application, série 1.

 

La compréhension de l’oral est la compétence la plus sollicitée dans la vie universitaire : on écoute un cours, une explication, une consigne, l’exposé d’un camarade, une conférence. C’est aussi la plus exigeante, parce que l’auditeur ne maîtrise ni le rythme ni l’ordre de ce qu’il reçoit. Les travaux de didactique ont montré que l’écoute efficace est une activité, et non une simple réception : l’auditeur anticipe, sélectionne, interprète et vérifie en permanence (Lhote, 1995 ; Cornaire, 1998). Le chapitre présente les moyens de rendre cette activité consciente et méthodique.

2.1. Ce qui distingue l’oral de l’écrit

L’oral et l’écrit ne diffèrent pas seulement par le canal (la voix d’un côté, la page de l’autre). Ils diffèrent par les conditions dans lesquelles le message est produit et reçu, et ces conditions modifient la manière de comprendre.

Tableau 17. Oral et écrit : des conditions de réception différentes

Caractéristique

À l’écrit

À l’oral

Rapport au temps

Le lecteur choisit son rythme, revient en arrière, relit

L’auditeur suit le rythme du locuteur ; le message passe et ne revient pas

Organisation visible

Paragraphes, intertitres, ponctuation, typographie

Pauses, intonation, accentuation, formules d’annonce

Redondance

Faible : le texte évite les répétitions

Forte : le locuteur répète, reformule, résume pour être suivi

Phénomènes propres

Ratures et hésitations effacées du texte final

Hésitations (euh), reprises, phrases inachevées, mots de liaison (donc, alors, bon)

Indices extérieurs

Illustrations, mise en page

Ton de la voix, gestes, expressions du visage, situation partagée

 

Ces différences ont une conséquence pratique : à l’oral, il est impossible de tout saisir, et il est inutile de le tenter. L’auditeur efficace s’appuie sur la redondance du discours, car ce qui est important est généralement répété, annoncé ou résumé ; il laisse passer un mot inconnu, en comptant sur la suite pour en éclairer le sens.

2.2. Trois écoutes pour un document

Un document oral se travaille en plusieurs écoutes, dont chacune poursuit un objectif propre. Cette progression évite à l’étudiant de se décourager devant un document dont il saisit pourtant déjà l’essentiel.

La première écoute est globale. Elle vise la situation de communication : qui parle, à qui, dans quel cadre, sur quel sujet, avec quelle intention et sur quel ton. Pour la préparer, on mobilise tous les indices disponibles avant l’écoute : le titre de l’émission, la présentation du document, le contexte. On formule des hypothèses, comme on le fait à l’écrit avec le paratexte. Pendant l’écoute, on ne note rien ou presque ; on cherche à comprendre de quoi il est question.

La deuxième écoute est sélective. Elle vise des informations précises, déterminées à l’avance : un nom, un chiffre, une date, une liste d’arguments, une conclusion. On prépare une grille de repérage et l’on se concentre sur ce que l’on cherche, sans s’arrêter au reste.

La troisième écoute, lorsqu’elle est nécessaire, est détaillée. Elle permet de vérifier et de compléter les informations relevées, et de saisir les nuances. Elle prépare la restitution, orale ou écrite.

Note de méthode : avant, pendant, après l’écoute

Avant l’écoute, lire la consigne et les questions, observer les indices disponibles, formuler deux ou trois hypothèses, préparer la feuille de notes.

Pendant l’écoute, se concentrer sur l’objectif de l’écoute en cours ; noter des mots-clés et non des phrases ; ne pas s’arrêter sur un mot inconnu.

Après l’écoute, compléter immédiatement les notes tant que la mémoire est fraîche ; vérifier les hypothèses ; mettre en commun avec un camarade avant la correction collective.

 

2.3. Les indices qui guident l’auditeur

Un discours oral organisé contient de nombreux signaux destinés à l’auditeur. Les repérer permet de reconstruire le plan du discours et d’identifier ce qui est important. On peut distinguer quatre familles d’indices.

Tableau 18. Les marqueurs de structuration du discours oral

Fonction

Exemples de formules

Ce que l’auditeur en déduit

Annoncer le plan

Je vais aborder trois points ; nous verrons d’abord..., puis...

Le nombre et l’ordre des parties à venir

Marquer les étapes

Premièrement ; passons maintenant à ; j’en viens à ; dernier point

Le passage d’une partie à une autre

Signaler l’importance

Ce qui est essentiel, c’est ; j’insiste sur ; retenez bien que

Une information à noter en priorité

Reformuler et illustrer

Autrement dit ; c’est-à-dire ; prenons un exemple ; je m’explique

Une reprise ou un exemple de ce qui précède

Conclure

En résumé ; pour conclure ; ce qu’il faut retenir

La synthèse des idées principales

 

Aux marqueurs verbaux s’ajoutent les indices prosodiques. Le locuteur ralentit et accentue les mots importants ; il marque une pause avant une idée nouvelle ; sa voix monte sur une question et descend en fin d’énoncé affirmatif.

2.5. Activités d’application

Les exercices reproduisent la progression des trois écoutes, de l’observation des caractéristiques de l’oral à la prise de notes et à la restitution ; les quatre derniers s’appuient sur l’entretien, lu ou joué en classe.

Exercice 6. Passer de l’oral à l’écrit

Consigne. L’énoncé suivant est extrait d’une intervention orale spontanée. Relevez les marques propres à l’oral, puis réécrivez-le sous la forme d’un énoncé écrit correct et complet.

« Alors euh... les examens, bon, c’est pas qu’ils sont difficiles, hein, c’est que... comment dire... on a pas assez de temps pour, euh, pour tout réviser, voilà. »

Exercice 7. Anticiper avant l’écoute

Consigne. Avant d’écouter l’entretien, lisez seulement la présentation de l’émission (titre, durée, intervenants). Formulez trois hypothèses sur le contenu de l’entretien et préparez deux questions que la journaliste posera probablement.

2.7. Corrigés des activités et des travaux d’application

Exercice 6. Marques de l’oral : hésitations (euh), mots de liaison (alors, bon, hein, voilà), omission du ne (c’est pas, on a pas), reprise (pour, euh, pour), recherche du mot (comment dire), détachement du thème (les examens, ... c’est que). Proposition : « Les examens ne sont pas particulièrement difficiles ; le problème est que nous ne disposons pas d’assez de temps pour tout réviser. »

Exercice 7. Hypothèses possibles : l’invitée expliquera en quoi consiste le tutorat, comment il fonctionne et quels résultats il obtient. Questions probables : « En quoi consiste le tutorat ? » ; « Quels résultats avez-vous observés ? »

Document d’appui reproduit du polycopié

Reproduit à l’identique de : Chapitre 2, section 2.4 : « Document oral : transcription d’un entretien radiophonique ». Raison : l’exercice 7 demande de lire la présentation de l’émission (titre, durée, intervenants) avant l’écoute ; le document est étudié en entier à la séance de la semaine 5.

Document oral : transcription d’un entretien radiophonique

Le tutorat entre étudiants. Émission « Campus », entretien d’environ quatre minutes. Intervenants : la journaliste ; Nadia, étudiante en master et tutrice.

La journaliste. Bonjour Nadia. Vous faites partie, depuis deux ans, des étudiants tuteurs de votre faculté. Expliquez-nous d’abord en quoi consiste le tutorat.

Nadia. Bonjour. Alors, le principe est simple : des étudiants plus avancés, en master surtout, accompagnent des étudiants de première année. On les aide à s’organiser, à comprendre ce qu’on attend d’eux, à préparer les examens. C’est un accompagnement, en complément des cours.

La journaliste. Concrètement, comment ça se passe ?

Nadia. Chaque tuteur suit un petit groupe, six ou sept étudiants. On se retrouve une fois par semaine, pendant une heure environ. Au début, on parle beaucoup de méthode : comment prendre des notes, comment organiser son temps, comment lire un texte long. Ensuite, on travaille plutôt sur des exercices précis, à la demande des étudiants.

La journaliste. Et qu’est-ce qui pose le plus de difficultés aux nouveaux étudiants ?

Nadia. Je dirais... deux choses, principalement. D’abord l’autonomie. Au lycée, on vous dit ce qu’il faut faire, jour après jour. À l’université, personne ne vérifie si vous avez lu le texte pour le cours suivant. Beaucoup découvrent ça trop tard, au moment des examens. Ensuite, la langue. Beaucoup de documents sont en français, les consignes aussi, et certains étudiants n’osent pas dire qu’ils n’ont pas compris.

La journaliste. Est-ce que le tutorat donne des résultats ?

Nadia. Oui, je crois. Enfin, je ne peux pas vous donner de chiffres précis pour toute la faculté, mais dans mon groupe de l’an dernier, sur sept étudiants, six ont validé leur premier semestre. Et surtout, ils sont devenus plus confiants. Ils posent des questions, ils viennent aux séances avec leurs propres difficultés.

La journaliste. Et vous, qu’est-ce que cette expérience vous apporte ?

Nadia. Énormément ! Expliquer une méthode à quelqu’un, c’est la meilleure façon de la comprendre soi-même. Et puis j’apprends à écouter, à m’adapter. Pour quelqu’un qui veut enseigner plus tard, c’est une vraie formation.

La journaliste. Un conseil, pour terminer, aux étudiants qui nous écoutent ?

Nadia. Oui : n’attendez pas d’être en difficulté pour demander de l’aide. Plus on s’y prend tôt, plus c’est facile.

Références bibliographiques de la leçon

Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.

1. Références citées dans cette séance

Cornaire, C. (1998). La compréhension orale. Paris : CLE International.

Lhote, E. (1995). Enseigner l’oral en interaction : percevoir, écouter, comprendre. Paris : Hachette.