·         M.BENMEDJAHED 

·         Module français  

·         PROMO : Espagnole Master II Com.

·         Année 2023-2024 

Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen

Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol

Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne

Module

Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1 « Langues et TIC », matière : français)

Niveau

Master 2, filière Espagnol (spécialité Langue et Communication)

Type d’enseignement

Travaux dirigés (TD)

Semestre

Semestre 3 de la formation (premier semestre du Master 2 ; enseignement assuré au cours d’un seul semestre)

Séance

Séance 5, semaine 5

Numéro et titre de la séance

Chapitre 5. Lire un texte universitaire

Enseignant

Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB)

Année universitaire

2023/2024 

Référence du fichier

M2_TD_05 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en Master 2 : compréhension, expression et discours universitaires »

 

Chapitre 5. Lire un texte universitaire

Fiche du chapitre

Rubrique du canevas : Lecture-compréhension   |   Séance : séance 5, semaine 5

Objectifs

•  exploiter le paratexte avant d’entrer dans le texte ;

•  adapter la stratégie de lecture à l’objectif poursuivi ;

•  repérer la thèse, le plan et les articulations d’un texte argumentatif ;

•  distinguer l’information principale de l’information secondaire.

Compétences travaillées : C1 et C2.

Prolongement proposé : lecture guidée d’un article court de la bibliographie du mémoire, avec établissement de son plan en quatre points.

Évaluation : en cours de chapitre, exercices 13 à 16 et TD 2 ; en épreuve notée, épreuve de contrôle 1 et examen semestriel, partie A.

 

Lire un article de recherche, c’est extraire d’un texte long et dense l’information précise qu’exige un travail déterminé. Cette lecture finalisée s’apprend : la didactique de l’écrit en langue étrangère a montré qu’elle se règle sur le projet du lecteur (Moirand, 1979), et les travaux consacrés aux discours universitaires ont souligné que l’accès à ces écrits relève d’une acculturation (Pollet, 2001). Le chapitre en présente les procédures : exploiter le paratexte, choisir une stratégie, repérer la thèse et le plan, hiérarchiser l’information.

5.1. Lire avant de lire : le paratexte

Le paratexte est l’ensemble des éléments qui entourent le texte sans en faire partie : titre, sous-titre, nom de l’auteur et son affiliation, nom de la revue, date, résumé, mots-clés, intertitres, notes, bibliographie, illustrations et légendes. Un lecteur expérimenté commence par lui : quelques minutes de parcours suffisent souvent pour savoir de quoi le texte traite, dans quel cadre théorique, avec quelles données, et s’il mérite une lecture intégrale.

Tableau 25. Ce que chaque élément du paratexte apprend

Élément

Information qu’il fournit

Question à se poser

Titre et sous-titre

Objet, corpus, parfois la thèse

De quoi traite le texte et sous quel angle ?

Auteur et affiliation

Discipline, ancrage institutionnel

Depuis quelle position scientifique écrit-il ?

Revue et date

Champ disciplinaire, actualité du propos

Le texte est-il récent ? À quel public s’adresse-t-il ?

Résumé

Problématique, méthode, résultats principaux

Quelle est la thèse en deux phrases ?

Mots-clés

Notions centrales, vocabulaire à maîtriser

Quelles notions dois-je connaître pour lire ?

Intertitres

Plan, progression de l’argumentation

Combien de parties et dans quel ordre ?

Bibliographie

Filiations théoriques, références à consulter

Sur quels travaux l’auteur s’appuie-t-il ?

 

Un réflexe simple découle de ce tableau : éviter de commencer une lecture par la première phrase du premier paragraphe. Un ordre efficace est le suivant : titre, résumé, intertitres, conclusion, puis seulement lecture du corps du texte. Lire la conclusion avant le développement n’est pas tricher ; c’est se donner le fil qui rendra le développement compréhensible.

5.2. Quatre stratégies de lecture

On ne lit pas de la même manière selon ce que l’on cherche. Quatre stratégies se distinguent, et leur choix dépend de l’objectif poursuivi.

Tableau 26. Stratégies de lecture et objectifs

Stratégie

Objectif

Procédure

Quand l’employer

Lecture de repérage

Savoir si le texte est utile

Paratexte, résumé, intertitres, première et dernière phrase de chaque partie

Tri bibliographique initial

Lecture sélective

Trouver une information précise

Balayage à la recherche de mots-clés, sans lire le reste

Vérification d’une date, d’une définition, d’un chiffre

Lecture intégrale

Comprendre l’argumentation entière

Lecture continue, crayon en main, repérage des articulations

Texte central pour le mémoire

Lecture critique

Évaluer la validité du propos

Lecture intégrale, puis examen des données, des sources et des inférences

Texte dont on veut discuter la thèse

 

Pour un mémoire, la plupart des textes repérés relèvent d’une lecture de repérage ou sélective ; seuls les quelques textes centraux appellent une lecture intégrale, et certains d’entre eux une lecture critique.

5.3. Repérer la thèse et le plan

La thèse est la proposition que le texte entend établir. Elle se formule en une phrase et se trouve, le plus souvent, à trois endroits : à la fin de l’introduction, où elle est annoncée ; en tête de la conclusion, où elle est rappelée ; et dans le résumé, où elle est condensée. La repérer suppose de ne pas la confondre avec le sujet : « la place du français à l’université algérienne » est un sujet, « le français y fonctionne comme langue de scolarisation plus que comme langue étrangère » est une thèse.

Le plan se reconstitue à partir des intertitres lorsqu’il en existe, et à partir des connecteurs et des phrases de transition dans le cas contraire. Certaines expressions sont des marqueurs explicites de structure et méritent d’être connues comme telles : nous examinerons d’abord, dans un premier temps, avant d’en venir à, il reste à considérer, nous avons vu que… il convient maintenant de. Ces formules sont le squelette visible du texte.

Texte support, rédigé pour le cours

Le français, langue de scolarisation en contexte plurilingue

« Décrire le français comme une langue étrangère dans l’université algérienne relève d’une approximation commode mais trompeuse. Une langue étrangère est, en principe, une langue que l’apprenant rencontre d’abord en classe et dont il n’a pas d’usage en dehors. Or la situation observable est tout autre : les étudiants qui entrent à l’université ont entendu le français dans les médias, dans l’espace public et, pour certains, dans la famille ; ils l’ont étudié pendant la plus grande partie de leur scolarité. Ce que l’institution leur demande n’est donc pas d’apprendre une langue nouvelle, mais de transformer une compétence partielle, acquise par immersion inégale, en une compétence académique explicite.

Cette distinction a des conséquences pédagogiques précises. Un cours de langue étrangère part des bases et progresse par paliers ; un cours de langue de scolarisation part de ce que l’étudiant sait déjà faire, repère les zones de fragilité et travaille les usages savants que l’immersion ne transmet pas : la nominalisation, la cohésion textuelle, la citation des sources. Il s’ensuit que l’hétérogénéité des groupes, souvent déplorée, n’est pas un accident à corriger mais la donnée première à partir de laquelle il faut travailler. »

Questions de lecture. 1. Quelle est la thèse du texte, en une phrase ? 2. Quelle distinction l’auteur conteste-t-il ? 3. Relevez les deux marqueurs de structure. 4. Quelles sont les trois conséquences pédagogiques énoncées ? 5. Proposez un plan en deux points.

 

5.4. Information principale et information secondaire

Tout texte comporte des informations de rang inégal. Les informations principales portent la thèse et sa démonstration ; les secondaires illustrent, précisent, nuancent ou objectent. Hiérarchiser, c’est pouvoir dire d’un paragraphe ce qu’il apporte et ce qu’il ne fait que montrer. Cette hiérarchisation conditionne le résumé, la fiche de lecture et la rédaction du mémoire.

Quelques indices typographiques et linguistiques signalent le rang de l’information. La position est souvent l’indice le plus sûr : dans un paragraphe bien construit, l’idée directrice occupe en général la première ou la dernière phrase. Les formules d’illustration (par exemple, ainsi, c’est le cas de, on peut citer) introduisent du secondaire ; les parenthèses, les notes de bas de page et les incises ont le plus souvent la même fonction. Inversement, les formules de reprise (il s’ensuit que, autrement dit, en somme, c’est dire que) signalent qu’une information principale est reformulée, donc importante.

Synthèse : ce qu’il faut retenir

•  Le paratexte se lit avant le texte : quelques minutes y suffisent et orientent toute la lecture.

•  L’ordre de lecture efficace est titre, résumé, intertitres, conclusion, puis corps du texte.

•  Quatre stratégies de lecture se distinguent ; le choix doit être conscient et dépendre de l’objectif.

•  La thèse n’est pas le sujet : elle se formule en une phrase et affirme quelque chose.

•  La hiérarchisation de l’information conditionne le résumé, la fiche de lecture et la rédaction.

 

5.5. Activités

Les exercices reprennent la démarche de lecture dans son ordre : le paratexte d’abord, appliqué à un article de la bibliographie personnelle ; la distinction entre sujet et thèse ensuite ; puis la lecture complète du texte support ; enfin la hiérarchisation de l’information, qui prépare directement le résumé du chapitre 7.

Exercice 13. Exploiter le paratexte

Consigne. Choisissez un article en français figurant dans votre bibliographie. Sans lire le corps du texte, remplissez le tableau 25 pour cet article, puis répondez : ce texte mérite-t-il une lecture intégrale ? Justifiez en trois lignes.

Exercice 14. Distinguer sujet et thèse

Consigne. Pour chaque énoncé, indiquez s’il s’agit d’un sujet ou d’une thèse. Transformez les sujets en thèses plausibles.

a) L’évaluation des productions écrites à l’université.

b) Les grilles critériées améliorent la fiabilité de la notation sans alourdir la correction.

c) Le plurilinguisme des étudiants algériens.

d) La prise de notes constitue le principal obstacle à l’exploitation des sources.

e) Les interférences lexicales entre français et espagnol.

Exercice 15. Lecture du texte support

Consigne. Répondez aux cinq questions qui accompagnent le texte support de la section 5.3, en rédigeant des phrases complètes.

Exercice 16. Hiérarchiser

Consigne. Dans le second paragraphe du texte support, classez les informations en deux colonnes, principales et secondaires, et justifiez le classement par un indice linguistique ou positionnel.

Réinvestissement

Appliquez la procédure complète à un article que vous devez de toute façon lire pour votre mémoire : paratexte en premier, puis choix explicite d’une stratégie, puis relevé de la thèse en une phrase et du plan en trois ou quatre points. Notez le temps que vous y avez consacré, et comparez-le au temps que vous passiez auparavant sur un texte équivalent.

 

5.6. Travaux dirigés 2 : lire un texte universitaire

Chapitre mobilisé : 5. Objectif : appliquer la démarche complète de lecture méthodique à un texte d’une page.

Texte support, rédigé pour le cours

Lire à l’université : une compétence qui ne va pas de soi

« On tient généralement pour acquis qu’un étudiant admis à l’université sait lire. L’affirmation est exacte si l’on entend par lecture le déchiffrement et la compréhension littérale d’un texte. Elle devient discutable dès lors qu’on considère les lectures que les études supérieures exigent réellement : lire pour trier une bibliographie, lire pour vérifier une information, lire pour reconstituer une argumentation, lire pour en discuter la validité.

Ces lectures ne diffèrent pas seulement par leur difficulté ; elles diffèrent par leur finalité, et donc par leurs procédures. La lecture de tri se contente du paratexte ; la lecture de vérification balaie le texte à la recherche d’un mot ; la lecture d’argumentation suit les connecteurs et reconstruit le plan ; la lecture critique interroge les données et les inférences. Un lecteur expert passe de l’une à l’autre sans y penser. Un lecteur novice, au contraire, applique à tous les textes la même lecture linéaire et intégrale, héritée de la scolarité secondaire.

Il s’ensuit que les difficultés de lecture observées à l’université relèvent moins d’un déficit linguistique que d’un défaut de stratégie. Le remède n’est donc pas d’abord grammatical : il consiste à rendre explicites des procédures que les lecteurs experts ont acquises par l’usage et qu’ils n’ont jamais eu besoin de formuler. Certes, la maîtrise de la langue reste une condition nécessaire ; elle n’est pas pour autant une condition suffisante. »

 

TD 2, exercice 1. Questions de compréhension

a) Quelle affirmation le texte nuance-t-il dans son premier paragraphe ?

b) Combien de lectures le texte distingue-t-il ? Nommez-les.

c) Qu’oppose le texte dans le deuxième paragraphe ?

d) Quelle est, selon le texte, l’origine principale des difficultés de lecture ?

e) Quel remède propose-t-il ?

TD 2, exercice 2. Thèse, plan, articulations

a) Formulez la thèse du texte en une phrase.

b) Proposez un plan en trois points correspondant aux trois paragraphes.

c) Relevez les trois connecteurs qui organisent l’argumentation et indiquez la relation que chacun exprime.

d) Relevez la concession du dernier paragraphe et expliquez sa fonction.

TD 2, exercice 3. Lexique

Consigne. Expliquez en contexte le sens des expressions suivantes : tenir pour acquis, dès lors, inférences, il s’ensuit que, condition nécessaire, condition suffisante.

5.7. Corrigés des activités

Exercice 13. Exercice ouvert. Critères : les sept rubriques sont renseignées sans lecture du corps du texte ; la décision finale est justifiée par au moins deux éléments du paratexte, par exemple l’adéquation du résumé au sujet du mémoire et la date de publication.

Exercice 14. a) sujet ; thèse possible : « L’évaluation des productions écrites gagne en fiabilité lorsque ses critères sont annoncés. » b) thèse. c) sujet ; thèse possible : « Le plurilinguisme des étudiants algériens constitue une ressource pour l’apprentissage du français universitaire. » d) thèse. e) sujet ; thèse possible : « Les interférences lexicales entre français et espagnol affectent particulièrement le vocabulaire de la vie universitaire. »

Exercice 15. 1. Le français fonctionne à l’université algérienne comme une langue de scolarisation plutôt que comme une langue étrangère, ce qui appelle un enseignement partant des acquis. 2. La description du français comme langue étrangère. 3. « Or », qui introduit la réalité contraire à la définition, et « il s’ensuit que », qui introduit la conséquence finale. 4. Partir de ce que l’étudiant sait déjà faire, repérer les zones de fragilité, travailler les usages savants que l’immersion ne transmet pas. 5. I. Le français n’est pas, pour ces étudiants, une langue étrangère au sens strict ; II. Il en découle une démarche pédagogique propre.

Exercice 16. Principales : la définition de la démarche propre à une langue de scolarisation ; la conséquence relative à l’hétérogénéité, signalée par « il s’ensuit que ». Secondaires : la description du cours de langue étrangère, qui sert de point de comparaison ; l’énumération des usages savants, introduite par le deux-points et relevant de l’illustration.

TD 2, exercice 1. a) Qu’un étudiant admis à l’université sait lire. b) Quatre : tri, vérification, reconstitution d’une argumentation, discussion de la validité. c) Le lecteur expert, qui adapte sa lecture, et le lecteur novice, qui lit tout de la même manière. d) Un défaut de stratégie plutôt qu’un déficit linguistique. e) Expliciter les procédures des lecteurs experts.

TD 2, exercice 2. a) « Les difficultés de lecture à l’université relèvent moins d’un déficit linguistique que d’un défaut de stratégie, ce qui appelle un enseignement explicite des procédures de lecture. » b) I. Savoir lire ne suffit pas : les études exigent quatre lectures. II. Ces lectures diffèrent par leurs procédures, ce qui oppose l’expert au novice. III. Le problème est stratégique, le remède procédural. c) « dès lors », qui introduit le moment où l’affirmation devient discutable ; « au contraire », opposition ; « il s’ensuit que », conséquence. d) « Certes, la maîtrise de la langue reste une condition nécessaire » : l’auteur prévient l’objection selon laquelle il négligerait la langue, puis la limite par « pour autant ».

TD 2, exercice 3. Tenir pour acquis : considérer comme établi sans vérification. Dès lors : à partir du moment où. Inférences : raisonnements tirant une conclusion de données. Il s’ensuit que : il en résulte que. Condition nécessaire : sans laquelle le résultat est impossible. Condition suffisante : qui, à elle seule, garantit le résultat.

Références bibliographiques de la leçon

Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.

1. Références citées dans la leçon

Moirand, S. (1979). Situations d’écrit : compréhension, production en français langue étrangère. Paris : CLE International.

Pollet, M.-C. (2001). Pour une didactique des discours universitaires : étudiants et systèmes de communication à l’université. Bruxelles : De Boeck & Larcier.

2. Document institutionnel mentionné dans la leçon (« canevas »)

Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen. Harmonisation. Offre de formation Master académique : domaine Lettres et Langues étrangères, filière Langue espagnole, spécialité Langue et Communication. Canevas, année universitaire 2016-2017 (fiche d’organisation semestrielle et programme détaillé par matière). Document institutionnel non publié.