Français Máster M2 Langue Et Communication 2023/2024
Aperçu des sections
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Cette première séance ne porte sur aucune rubrique particulière : elle installe le cadre du travail. Le module, ses objectifs, le référentiel de compétences et le dispositif d’évaluation, décrits dans la présentation du module, sont exposés aux étudiants ; le contrat pédagogique est établi ; une activité de positionnement sans note permet enfin de situer les acquis de chacun et d’ajuster le rythme de la progression.
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On entre dans le français universitaire par le lexique. Pour un étudiant de Master, la difficulté d’un article de recherche tient en général moins à la syntaxe qu’au vocabulaire : les phrases, pour longues qu’elles soient, restent analysables, tandis que certains mots arrêtent la lecture. Il s’agit le plus souvent d’une catégorie de mots qui ne relèvent ni de la langue courante ni de la terminologie de la spécialité. Ce sont des termes comme corrélation, dispositif, occurrence, préalable, dès lors, en l’occurrence, induire, postuler : rien de technique, mais une couche de langue rare dans la conversation comme dans la presse générale. Cette couche forme le lexique transdisciplinaire, et c’est elle qui sépare la lecture laborieuse de la lecture fluide.
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Le chapitre précédent portait sur l’étendue du lexique : connaître plus de mots. Celle-ci porte sur sa précision : employer les mots que l’on connaît là où il faut, avec les mots qui les accompagnent. À ce niveau d’études, l’enjeu se déplace : un texte peut être correct au sens strict et rester approximatif, et l’approximation lexicale se paie en crédibilité scientifique.
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La phrase de l’écrit universitaire français a des traits propres : elle est plus longue que celle de la presse, plus nominale que celle de la conversation, et elle use de constructions qui effacent l’agent. Ces traits répondent à des besoins précis : condenser l’information, poser une généralité, rapporter sans s’impliquer, articuler une concession. Ce chapitre examine les quatre constructions qui en portent l’essentiel ; pour le détail des règles, on se reportera à une grammaire de référence (Riegel, Pellat et Rioul, 2009).
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Lire un article de recherche, c’est extraire d’un texte long et dense l’information précise qu’exige un travail déterminé. Cette lecture finalisée s’apprend : la didactique de l’écrit en langue étrangère a montré qu’elle se règle sur le projet du lecteur (Moirand, 1979), et les travaux consacrés aux discours universitaires ont souligné que l’accès à ces écrits relève d’une acculturation (Pollet, 2001). Le chapitre en présente les procédures : exploiter le paratexte, choisir une stratégie, repérer la thèse et le plan, hiérarchiser l’information.
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La prise de notes est le point de passage obligé entre la lecture et l’écriture. Des notes mal prises peuvent être plus trompeuses que l’absence de notes : elles donnent l’illusion du travail accompli et se révèlent inutilisables au moment où l’on en a besoin, c’est-à-dire plusieurs semaines plus tard, en pleine rédaction. Un critère simple permet d’en juger : des notes sont bonnes si elles restent exploitables quinze jours après avoir été prises, sans retour au texte source.
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.Reformuler, résumer, synthétiser : trois opérations distinctes que l’on confond souvent, et qui constituent le cœur du travail universitaire sur les sources. Les trois reposent sur la même capacité première, hiérarchiser l’information, travaillée dans le chapitre 5. Les trois exigent la même honnêteté : dire ce que le texte dit, et non ce qu’on aurait voulu qu’il dise.
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Un texte n’est pas une suite de phrases correctes. On peut écrire dix phrases irréprochables qui, mises à la suite, ne forment pas un texte : il y manquera la cohésion, c’est-à-dire le réseau de liens qui fait qu’une phrase prolonge la précédente. Longtemps laissée au second plan par un enseignement centré sur la phrase isolée, cette dimension a été mise au premier plan par la linguistique textuelle et ses prolongements didactiques (Charolles, 1978 ; Combettes, 1988 ; Adam, 2017). Elle pèse, en pratique, d’un grand poids dans la lisibilité d’une copie.
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Argumenter, c’est soutenir une position par des raisons, en tenant compte de ce qu’on pourrait lui objecter. L’exercice n’a rien d’une joute : dans un travail universitaire, il s’agit moins de convaincre que d’établir, et la différence se voit dans le traitement de l’objection. Un polémiste la dissimule, un universitaire la formule lui-même, puis la discute. Ce chapitre expose les moyens linguistiques de cette démarche.
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Les écrits dont il est question ici sont courts, codifiés, et d’un usage immédiat. Un étudiant de Master en écrit régulièrement : il sollicite un rendez-vous, demande une attestation, répond à un appel à communication, rédige la notice qui accompagnera une intervention. Ces textes sont brefs, mais leur effet est disproportionné : ils constituent souvent le premier contact avec un interlocuteur qui ne connaît pas leur auteur, et un courriel mal rédigé peut laisser une impression durable. -
L’exposé est l’un des exercices oraux les plus pratiqués à l’université. On le réduit parfois à la lecture à haute voix d’un texte rédigé, ce qui en annule l’intérêt : un texte lu s’écoute mal, parce que l’écrit n’est pas fait pour l’oreille. Un exposé est une parole construite, tenue devant des personnes présentes, avec les moyens propres à l’oral : la répétition, l’annonce, la récapitulation, le regard. C’est un genre oral formel, et à ce titre il s’enseigne, comme l’ont montré les travaux consacrés à la didactique de l’oral (Dolz et Schneuwly, 1998). -
Un point de forme importe autant que le lexique : en français universitaire, le désaccord se formule sur le propos et non sur la personne. On dit « cette analyse me paraît contestable », non « vous avez tort » ; on dit « l’argument ne me convainc pas », non « votre argument est faux ». Cette dépersonnalisation n’est pas une politesse vide : elle maintient la discussion sur le terrain des raisons, où elle est productive.
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L’analyse du discours fait l’objet, en première année du Master « Langue et Communication », d’une unité d’enseignement fondamentale (matières « discours, texte et contexte » et « la grammaire du discours et de l’énoncé ») ; au semestre 3, l’unité fondamentale de linguistique comprend une matière de linguistique énonciative et une matière de pragmatique. La rubrique du module de français en propose un usage instrumental : quelques outils d’observation, appliqués aux écrits universitaires en français, qui servent à mieux lire et à mieux écrire. Reconnaître le genre d’un texte permet de savoir ce qu’on peut en attendre ; repérer ses marques d’énonciation, de savoir qui parle et avec quel degré d’engagement. Les notions étudiées dans ces enseignements trouvent ainsi un terrain d’application sur des textes en français.
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Un mémoire est un texte qui en contient beaucoup d’autres. Il convoque des auteurs, rapporte des définitions, discute des thèses, cite des enquêtés. La manière dont ces voix sont intégrées détermine à la fois la lisibilité du travail et sa légitimité : un lecteur doit pouvoir distinguer à chaque ligne ce qui vient de l’auteur du mémoire et ce qui vient d’ailleurs. Ce chapitre clôt le parcours des rubriques, parce qu’il mobilise tout ce qui précède : le lexique des verbes introducteurs, la reformulation, la prise de notes, l’énonciation.
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Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen
Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol
Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne
Module
Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1 « Langues et TIC », matière : français)
Niveau
Master 2, filière Espagnol (spécialité Langue et Communication)
Type de ressource
Modèle d’épreuve et corrigé — ressource d’évaluation complémentaire (ne constitue pas une séance de TD)
Semestre
Semestre 3 de la formation (premier semestre du Master 2 ; enseignement assuré au cours d’un seul semestre)
Calendrier indiqué par le polycopié
Séance 7 (seconde partie de séance)
Titre exact
Modèle et corrigé de l’épreuve de contrôle 1
Enseignant
Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB)
Année universitaire
2023/2024
Référence du fichier
M2_EVAL_01 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en Master 2 : compréhension, expression et discours universitaires »
Modèle et corrigé de l’épreuve de contrôle 1
La première épreuve de contrôle évalue les compétences C1, C2 et C4. Elle occupe la seconde partie de la séance 7, soit une heure, après une demi-heure consacrée aux règles du résumé, et porte sur un texte d’environ deux cent cinquante mots. Elle est notée sur vingt et compte pour vingt pour cent de la note semestrielle.
Texte de l’épreuve, rédigé pour le cours
Écrire en langue étrangère : la part de la langue première
« On présente volontiers la langue première comme un obstacle à l’écriture en langue étrangère : elle serait la source des calques, des faux amis et des constructions fautives que le correcteur relève dans les copies. Cette description n’est pas fausse, mais elle est incomplète. Elle ne retient de la langue première que ses effets visibles, c’est-à-dire ses erreurs, et néglige tout ce qu’elle rend possible sans laisser de trace.
Car un scripteur ne commence jamais à écrire dans une langue étrangère à partir de rien. Il sait déjà ce qu’est un texte, comment on ouvre une argumentation, comment on en marque les étapes, comment on cite une source. Ces savoirs, construits dans la langue de scolarisation, se transfèrent largement d’une langue à l’autre. L’étudiant qui sait organiser un paragraphe en arabe ou en espagnol n’a pas à réapprendre ce qu’est une idée directrice ; il lui faut seulement apprendre à l’exprimer en français.
Dès lors, la question pédagogique se déplace. Il ne s’agit plus de neutraliser la langue première, entreprise d’ailleurs vaine, mais d’en distinguer les apports et les pièges. Les premiers relèvent de l’organisation du texte, qui se transfère ; les seconds, du lexique et de la syntaxe de détail, qui exigent une vigilance particulière. Un enseignement attentif à cette distinction gagne du temps : il s’appuie sur ce qui est acquis et concentre l’effort sur ce qui ne l’est pas. »
Première partie. Compréhension (8 points). 1. Quelle description de la langue première le texte nuance-t-il ? (2 points) 2. Pourquoi l’auteur la juge-t-il incomplète ? (2 points) 3. Quels savoirs se transfèrent, selon le texte, d’une langue à l’autre ? (2 points) 4. Quelle distinction l’auteur propose-t-il dans le dernier paragraphe, et quel bénéfice en attend-il ? (2 points)
Seconde partie. Résumé (12 points). Résumez le texte au quart de sa longueur, soit soixante mots, avec une tolérance de dix pour cent. Indiquez le nombre de mots employés. Le résumé est noté selon la grille du tableau 55.
Tableau 55. Grille de correction du résumé (12 points, épreuve de contrôle 1)
Critère
Niveau insuffisant
Niveau satisfaisant
Niveau maîtrisé
Points
Fidélité au texte
Contresens, ajout ou jugement
Idées justes, une omission importante
Toutes les idées principales, sans ajout
4
Hiérarchisation et ordre
Juxtaposition sans articulation
Ordre respecté, articulations partielles
Ordre et relations logiques restitués
3
Reformulation
Phrases recopiées
Reformulation partielle
Reformulation complète, termes techniques conservés
2
Longueur
Hors tolérance
Sans objet
Dans la tolérance, nombre de mots indiqué
1
Correction de la langue
Erreurs nuisant à la compréhension
Quelques erreurs sans gêne
Langue correcte et précise
2
Compréhension. 1. Celle qui fait de la langue première un obstacle, source de calques, de faux amis et de constructions fautives. 2. Parce qu’elle ne retient que les effets visibles, les erreurs, et néglige ce que la langue première rend possible. 3. Les savoirs relatifs au texte : ce qu’est un texte, comment ouvrir une argumentation, en marquer les étapes, citer une source. 4. La distinction entre apports (organisation du texte) et pièges (lexique, syntaxe), qui concentre l’effort sur ce qui n’est pas acquis.
Résumé. Proposition, en soixante-cinq mots formes élidées comprises : « Réduire la langue première à un obstacle est incomplet : c’est oublier ce qu’elle permet. Le scripteur sait déjà construire un texte, argumenter, citer : ces savoirs se transfèrent ; reste à les exprimer en français. L’enseignement doit donc distinguer les apports de la langue première, liés à l’organisation textuelle, de ses pièges lexicaux et syntaxiques, pour cibler ce qui n’est pas acquis. »
Références bibliographiques de la leçon
Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.
Aucune référence bibliographique spécifique identifiable dans le polycopié source pour cette leçon.
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Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen
Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol
Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne
Module
Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1 « Langues et TIC », matière : français)
Niveau
Master 2, filière Espagnol (spécialité Langue et Communication)
Type de ressource
Modèle d’épreuve et corrigé — ressource d’évaluation complémentaire (ne constitue pas une séance de TD)
Semestre
Semestre 3 de la formation (premier semestre du Master 2 ; enseignement assuré au cours d’un seul semestre)
Calendrier indiqué par le polycopié
Séances 12 à 14 (exposés)
Titre exact
Modèle et corrigé de l’épreuve de contrôle 2
Enseignant
Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB)
Année universitaire
2023/2024
Référence du fichier
M2_EVAL_02 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en Master 2 : compréhension, expression et discours universitaires »
Modèle et corrigé de l’épreuve de contrôle 2
La seconde épreuve de contrôle évalue les compétences C9 et C10. Chaque étudiant présente un exposé de dix minutes, suivi de cinq minutes de questions posées par l’enseignant et par deux camarades désignés à l’avance. Les passages commencent à la séance 12 et se répartissent, selon l’effectif du groupe, sur les séances 12 à 14, dont une partie du temps leur est consacrée ; l’ordre de passage est fixé à la séance 10. Le sujet est choisi parmi les trois suivants et communiqué deux semaines avant le début des passages. L’exposé est noté sur seize selon la grille du tableau 46, ramenée à cette échelle ; la phase de questions est notée sur quatre.
Tableau 56. Sujets proposés pour l’épreuve de contrôle 2
Sujet
Intitulé
Attendus spécifiques
1
Présenter la problématique de son mémoire
Objet, question de recherche, hypothèse, démarche envisagée
2
Présenter un article de sa bibliographie
Référence, thèse, plan, apport pour le mémoire, une limite
3
Défendre une position sur une question traitée pendant le semestre
Thèse, deux arguments illustrés, une concession réfutée
La phase de questions est évaluée sur trois critères : la compréhension de la question, qualifiée explicitement ou reformulée au besoin ; la pertinence et la concision de la réponse ; la capacité à reconnaître une limite ou une ignorance sans perdre le fil. Un candidat qui répond « je ne sais pas, mais voici ce que je peux dire » n’est jamais pénalisé pour cette réponse.
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Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen
Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol
Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne
Module
Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1 « Langues et TIC », matière : français)
Niveau
Master 2, filière Espagnol (spécialité Langue et Communication)
Type de ressource
Modèle d’épreuve et corrigé — ressource d’évaluation complémentaire (ne constitue pas une séance de TD)
Semestre
Semestre 3 de la formation (premier semestre du Master 2 ; enseignement assuré au cours d’un seul semestre)
Calendrier indiqué par le polycopié
Session d’examens
Titre exact
Modèle et corrigé de l’examen semestriel
Enseignant
Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB)
Année universitaire
2023/2024
Référence du fichier
M2_EVAL_03 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en Master 2 : compréhension, expression et discours universitaires »
Modèle et corrigé de l’examen semestriel
L’examen est une épreuve écrite sans document, conçue pour une durée de deux heures (voir la rubrique « Évaluation de l’unité »). Il porte sur l’ensemble des rubriques du canevas à l’exception de l’oral, évalué en contrôle continu, et il est conçu pour que chaque partie mobilise un ou plusieurs chapitres identifiables. Il est noté sur vingt et compte pour cinquante pour cent de la note semestrielle.
Sujet de l’examen semestriel : texte rédigé pour le cours
Le mémoire de Master, un genre qui s’apprend
« Le mémoire de Master occupe dans les cursus une place paradoxale. Il constitue l’épreuve la plus lourde de la formation, celle qui mobilise le plus de temps et pèse le plus dans l’obtention du diplôme ; pourtant, il est rarement enseigné comme tel. On attend de l’étudiant qu’il sache rédiger un texte de plusieurs dizaines de pages, organisé, documenté et argumenté, alors que rien, dans les années précédentes, ne l’a préparé à un écrit de cette ampleur.
Ce décalage tient en partie à une représentation tenace : celle selon laquelle l’écriture universitaire serait le simple prolongement de la maîtrise de la langue. Un étudiant qui écrit correctement saurait, par là même, écrire un mémoire. Or l’expérience des encadrants dément cette idée. Des étudiants à l’orthographe irréprochable produisent des chapitres sans fil directeur ; d’autres, plus hésitants dans la langue, construisent des démonstrations solides. C’est que le mémoire est un genre, avec ses règles propres : une introduction qui problématise, un état de la question qui confronte les sources au lieu de les juxtaposer, une méthode explicitée, une discussion qui mesure la portée des résultats.
Il s’ensuit que l’accompagnement du mémoire ne saurait se réduire à la correction de la langue. Certes, une langue défaillante nuit à la lisibilité et doit être travaillée. Mais l’essentiel se joue ailleurs : dans la capacité à transformer des lectures en questions, des questions en démarche, et une démarche en texte. Cette capacité ne relève pas du don ; elle s’acquiert par l’exercice, à condition que l’exercice soit guidé et que ses critères soient rendus explicites. Former au mémoire, en somme, c’est enseigner un genre, et non seulement une langue. »
Partie A. Compréhension et analyse (6 points). 1. Quel paradoxe le premier paragraphe met-il en évidence ? (1 point) 2. Quelle représentation l’auteur conteste-t-il, et par quel connecteur introduit-il cette contestation ? (1,5 point) 3. Relevez les quatre règles du genre « mémoire » énumérées dans le deuxième paragraphe. (1 point) 4. Relevez la concession du troisième paragraphe et expliquez sa fonction dans l’argumentation. (1,5 point) 5. Formulez la thèse du texte en une phrase. (1 point)
Partie B. Langue (5 points). 1. Nominalisez les propositions suivantes : « l’étudiant rédige un texte » ; « les sources sont confrontées » ; « on explicite la méthode ». (1,5 point) 2. Expliquez le sens en contexte de tenace, dément et ne saurait se réduire à. (1,5 point) 3. Rapportez au discours indirect, avec un verbe introducteur au passé : « Un étudiant qui écrit correctement saura écrire un mémoire. » (1 point) 4. Corrigez les deux phrases et nommez l’interférence : « J’ai approuvé le module de méthodologie. » « Mon mémoire consiste en analyser des copies. » (1 point)
Partie C. Résumé (4 points). Résumez le texte au quart de sa longueur, soit soixante-dix mots, avec une tolérance de dix pour cent. Indiquez le nombre de mots.
Partie D. Production argumentée (5 points). En une vingtaine de lignes, répondez à la question suivante : « La rédaction d’un mémoire s’apprend-elle par la seule pratique, ou suppose-t-elle un enseignement explicite de ses règles ? » Votre texte comportera une introduction, au moins deux arguments illustrés, une concession suivie d’une réfutation, et une conclusion.
Bon courage !
Conseils pour l’épreuve : gérer deux heures
La répartition suivante est indicative. Elle aide à répartir l’effort entre les quatre parties et à réserver un temps de relecture.
• 10 minutes : lecture intégrale du texte et de toutes les consignes, repérage des verbes de consigne (annexe B).
• 25 minutes : partie A, en rédigeant des phrases complètes.
• 15 minutes : partie B.
• 30 minutes : partie C, notes marginales, premier jet, comptage, resserrement.
• 30 minutes : partie D, dont cinq minutes de plan avant toute rédaction.
• 10 minutes : relecture ciblée selon les points 6 à 10 de la grille du tableau 40.
Grille de correction et barème
Tableau 57. Grille de correction de la production argumentée (5 points, examen)
Critère
Descripteur du niveau attendu
Points
Respect de la consigne
Réponse à la question posée ; longueur et éléments imposés présents
1
Construction
Introduction qui pose la question, paragraphes distincts, conclusion qui répond
1
Argumentation
Deux arguments distincts, chacun illustré ; concession suivie d’une réfutation
1,5
Cohésion
Connecteurs appropriés, reprises variées et non ambiguës
0,5
Langue
Correction grammaticale, lexique précis, registre universitaire
1
Tableau 58. Barème détaillé de l’examen semestriel
Partie
Questions
Compétences
Points
A. Compréhension et analyse
5 questions
C1, C2
6
B. Langue
4 exercices
C5, C10
5
C. Résumé
Résumé en 70 mots
C4
4
D. Production argumentée
Texte d’une vingtaine de lignes
C6, C7
5
Total
20
Pour la partie C, les critères de la grille du tableau 55 s’appliquent avec la pondération suivante : fidélité 1,5 point, hiérarchisation 1 point, reformulation 0,5 point, longueur 0,5 point, langue 0,5 point. Un résumé qui comporte un jugement personnel perd la totalité des points de fidélité, conformément aux règles exposées dans le chapitre 7.
Partie A. 1. Le mémoire est l’épreuve la plus lourde de la formation, mais il est rarement enseigné comme tel. 2. L’idée que l’écriture universitaire prolongerait simplement la maîtrise de la langue ; la contestation est introduite par « Or ». 3. Une introduction qui problématise, un état de la question qui confronte les sources, une méthode explicitée, une discussion qui mesure la portée des résultats. 4. « Certes, une langue défaillante nuit à la lisibilité et doit être travaillée » : la concession reconnaît une part de vérité avant que « mais » ne situe l’essentiel ailleurs. 5. « Le mémoire est un genre qui s’apprend : préparer les étudiants à sa rédaction suppose de leur en enseigner les règles, et non seulement de corriger leur langue. »
Partie B. 1. La rédaction d’un texte par l’étudiant ; la confrontation des sources ; l’explicitation de la méthode. 2. Tenace : qui persiste et résiste à la contradiction ; dément : contredit, montre la fausseté de ; ne saurait se réduire à : ne peut pas être ramené à. 3. On affirmait qu’un étudiant qui écrivait correctement saurait écrire un mémoire. 4. J’ai réussi le module de méthodologie (aprobar, faux ami) ; Mon mémoire consiste à analyser des copies (consistir en, calque de construction).
Partie C. Proposition, en soixante et onze mots formes élidées comprises : « Épreuve majeure du Master, le mémoire est rarement enseigné. On le croit réductible à la maîtrise de la langue ; or bien écrire ne suffit pas, car il s’agit d’un genre aux règles propres : problématiser, confronter les sources, expliciter la méthode, discuter les résultats. Si la langue doit être travaillée, l’essentiel est de transformer lectures et questions en démarche, compétence qui s’acquiert par un exercice guidé et explicite. »
Partie D. Critères : grille du tableau 57. Une copie de bon niveau pose la question en introduction et développe deux arguments : le mémoire obéit à des règles de genre qui ne se devinent pas ; une pratique guidée par des critères connus progresse plus vite. Elle illustre chacun par un exemple (synthèse par aspects, grille de révision), concède le rôle de la pratique, puis conclut par une réponse nuancée ; voir le texte argumentatif-type ci-après.
Le texte suivant, rédigé pour le cours, est un repère qui rend visibles les attendus de la grille, non un modèle à reproduire ; les crochets indiquent la fonction de chaque segment.
Texte argumentatif-type, examen semestriel, partie D
« Le mémoire de Master est l’écrit le plus long et le plus exigeant que l’étudiant ait à rédiger au cours de sa formation. On considère souvent que l’on apprend à le rédiger en le rédigeant, au fil des versions et des remarques de l’encadrant. La question se pose pourtant de savoir si la pratique suffit, ou si la rédaction d’un mémoire suppose un enseignement explicite de ses règles. [introduction : constat et question]
Un premier argument plaide pour l’enseignement explicite : le mémoire est un genre, dont les règles ne se devinent pas. Problématiser une introduction, confronter les sources dans un état de la question, expliciter une méthode sont des opérations codifiées. Ainsi, un étudiant qui ignore la différence entre une suite de fiches et une synthèse par aspects peut rédiger un état de la question correct sur le plan de la langue, mais inadapté au genre. [argument 1 et exemple]
L’enseignement explicite rend en outre la pratique plus efficace. Des critères connus à l’avance permettent à l’étudiant de relire ses propres textes et de corriger seul une partie de ses difficultés. La grille de révision en dix points, appliquée à chaque chapitre, en offre un exemple : elle transforme une relecture globale en une série de contrôles ciblés. [argument 2 et exemple]
Certes, aucune règle ne remplace l’expérience de la rédaction, et c’est en écrivant que l’on apprend à écrire. Toutefois, cette expérience progresse plus vite lorsqu’elle est guidée : la pratique et l’enseignement explicite se complètent plus qu’ils ne s’opposent. [concession et réfutation]
En définitive, la rédaction du mémoire s’apprend par la pratique, à condition que celle-ci s’appuie sur des règles de genre enseignées et sur des critères connus. [conclusion : réponse nuancée] »
Références bibliographiques de la leçon
Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.
1. Références citées dans la leçon
Aucune référence bibliographique spécifique identifiable dans le polycopié source pour cette leçon.
2. Document institutionnel mentionné dans la leçon (« canevas »)
Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen. Harmonisation. Offre de formation Master académique : domaine Lettres et Langues étrangères, filière Langue espagnole, spécialité Langue et Communication. Canevas, année universitaire 2016-2017 (fiche d’organisation semestrielle et programme détaillé par matière). Document institutionnel non publié.
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Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen
Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol
Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne
Module
Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1 « Langues et TIC », matière : français)
Niveau
Master 2, filière Espagnol (spécialité Langue et Communication)
Type de ressource
Modèle d’épreuve et corrigé — ressource d’évaluation complémentaire (ne constitue pas une séance de TD)
Semestre
Semestre 3 de la formation (premier semestre du Master 2 ; enseignement assuré au cours d’un seul semestre)
Calendrier indiqué par le polycopié
Session de rattrapage
Titre exact
Modèle et corrigé de l’examen de rattrapage
Enseignant
Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB)
Année universitaire
2023/2024)
Référence du fichier
M2_EVAL_04 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en Master 2 : compréhension, expression et discours universitaires »
Modèle et corrigé de l’examen de rattrapage
Le sujet de rattrapage reprend la structure de l’examen semestriel sur un texte plus court, afin que l’étudiant retrouve un format connu. Sa durée prévue est également de deux heures.
Sujet de l’examen de rattrapage : texte rédigé pour le cours
Prendre la parole en séminaire
« Le séminaire de Master repose sur un principe simple : chacun y apporte quelque chose. Ce principe se heurte pourtant à une réalité bien connue des enseignants : une partie des étudiants ne prend jamais la parole. On attribue souvent ce silence au manque de travail ou d’intérêt. L’explication est commode, mais rarement exacte. Le plus souvent, l’étudiant silencieux a lu les textes et forme des idées ; ce qui lui manque, ce sont les formes de la prise de parole : savoir comment entrer dans la discussion, comment nuancer sans contredire brutalement, comment poser une question sans paraître ignorant.
Ces formes ne sont pas innées. Elles relèvent d’un savoir-faire social et linguistique qui s’apprend, comme s’apprennent les règles de l’écrit. Il en découle qu’un séminaire gagne à les enseigner explicitement : en fournissant des formules, en ménageant des temps d’échange en petits groupes avant la discussion collective, en valorisant la question autant que l’affirmation. Le silence, dans bien des cas, n’est pas un refus de participer ; c’est une demande d’outils. »
Partie A. Compréhension (6 points). 1. Quelle explication courante du silence en séminaire l’auteur rejette-t-il ? (1,5 point) 2. Quelle explication lui substitue-t-il ? (1,5 point) 3. Relevez les trois moyens proposés pour enseigner les formes de la prise de parole. (1,5 point) 4. Expliquez la dernière phrase du texte. (1,5 point)
Partie B. Langue (5 points). 1. Relevez deux connecteurs et indiquez la relation logique exprimée par chacun. (1 point) 2. Remplacez « on attribue souvent ce silence au manque de travail » par une construction passive. (1 point) 3. Formulez, avec trois expressions différentes, un accord partiel avec la thèse du texte. (1,5 point) 4. Rapportez au discours indirect : « Je n’ose pas intervenir parce que j’ai peur de me tromper », a déclaré une étudiante. (1,5 point)
Partie C. Résumé (4 points). Résumez le texte au quart de sa longueur, soit quarante-cinq mots, avec une tolérance de dix pour cent.
Partie D. Production (5 points). Rédigez le courriel par lequel vous demandez à l’enseignant responsable du séminaire la possibilité de présenter un exposé, en justifiant votre demande en deux phrases. Puis, en une quinzaine de lignes, dites si la participation orale doit être notée en séminaire, en employant une concession.
Éléments de corrigé. A. 1. Le manque de travail ou d’intérêt. 2. Le défaut de maîtrise des formes de la prise de parole. 3. Fournir des formules, ménager des échanges en petits groupes, valoriser la question. 4. Le silence exprime un besoin d’apprentissage plutôt qu’un refus. B. 1. Par exemple « pourtant », opposition, et « il en découle que », conséquence. 2. Ce silence est souvent attribué au manque de travail. 3. Exercice ouvert : formules du tableau 47. 4. Une étudiante a déclaré qu’elle n’osait pas intervenir parce qu’elle avait peur de se tromper. C et D : critères des tableaux 55 et 57, et du tableau 41 pour le courriel.
Références bibliographiques de la leçon
Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.
Aucune référence bibliographique spécifique identifiable dans le polycopié source pour cette leçon.
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