·         M.BENMEDJAHED 

·         Module français  

·         PROMO : Espagnole M2 COM.

·         Année 2023-2024 

Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen

Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol

Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne

Module

Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1 « Langues et TIC », matière : français)

Niveau

Master 2, filière Espagnol (spécialité Langue et Communication)

Type d’enseignement

Travaux dirigés (TD)

Semestre

Semestre 3 de la formation (premier semestre du Master 2 ; enseignement assuré au cours d’un seul semestre)

Séance

Séance 6, semaine 6

Numéro et titre de la séance

Chapitre 6. Prise de notes et organisation de l’information

Enseignant

Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB)

Année universitaire

2023/2024

Référence du fichier

M2_TD_06 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en Master 2 : compréhension, expression et discours universitaires »

 

Chapitre 6. Prise de notes et organisation de l’information

Fiche du chapitre

Rubrique du canevas : Lecture-compréhension   |   Séance : séance 6, semaine 6

Objectifs

•  abréger et condenser sans perdre l’information ;

•  choisir un système de prise de notes adapté au support ;

•  prendre des notes à partir d’un oral et à partir d’un écrit ;

•  constituer une fiche de lecture exploitable à distance.

Compétences travaillées : C3, et appui direct sur C4 et C10.

Prolongement proposé : prise de notes sur un texte de deux pages, puis rédaction de la fiche de lecture correspondante ; relecture quinze jours plus tard pour tester l’exploitabilité.

Évaluation : en cours de chapitre, exercices 17 à 20 et fiches de lecture remises ; en épreuve notée, épreuve de contrôle 1.

 

La prise de notes est le point de passage obligé entre la lecture et l’écriture. Des notes mal prises peuvent être plus trompeuses que l’absence de notes : elles donnent l’illusion du travail accompli et se révèlent inutilisables au moment où l’on en a besoin, c’est-à-dire plusieurs semaines plus tard, en pleine rédaction. Un critère simple permet d’en juger : des notes sont bonnes si elles restent exploitables quinze jours après avoir été prises, sans retour au texte source.

Chapitre 6. Prise de notes et organisation de l’information

6.1. Abréger : un système personnel mais stable

L’abréviation fait gagner du temps, à la condition d’être systématique. Des abréviations inventées au fil de la plume deviennent vite illisibles pour leur propre auteur. Le principe est simple : supprimer les voyelles intérieures et conserver le début et la fin du mot (dévlpmt, tjrs, pdt), utiliser des symboles pour les relations logiques, et fixer une fois pour toutes les abréviations des notions centrales de son sujet.

Tableau 27. Symboles et abréviations d’usage courant

Symbole

Sens

Symbole

Sens

→

donc, entraîne, aboutit à

≠

différent de, s’oppose à

←

provient de, découle de

=

équivaut à, c’est-à-dire

↑ ↓

augmentation, diminution

≈

environ, à peu près

+

et, en outre

⇒

conséquence forte, implication

/

par, rapport, opposition

§

paragraphe

cf.

se reporter à

ibid.

même référence que ci-dessus

ex.

exemple

p. ex.

par exemple

càd

c’est-à-dire

ns, vs

nous, vous

qqch, qqn

quelque chose, quelqu’un

ds

dans

 

À ces abréviations générales s’ajoutent celles du sujet traité. Un étudiant travaillant sur l’alternance codique notera alt. cod. ; un autre, sur la compétence plurilingue, comp. pluri. Ces abréviations gagnent à être consignées sur la première page du cahier, faute de quoi elles s’oublient.

6.2. Trois systèmes de prise de notes

Le système linéaire reproduit l’ordre du discours, avec une hiérarchie marquée par l’indentation et la numérotation. Il convient à un oral structuré, cours magistral ou exposé, et c’est le plus rapide à mettre en œuvre. Son défaut est qu’il reproduit la structure de l’orateur plutôt que celle du contenu, et qu’il se prête mal à la réorganisation.

Le système arborescent, ou carte d’idées, place la notion centrale au milieu de la page et dispose les ramifications autour. Il convient à la lecture d’un texte dense, dont on veut saisir l’architecture, et à la préparation d’un plan. Il permet d’ajouter une information à l’endroit pertinent, ce que le linéaire permet difficilement.

Le système tabulaire enfin organise les notes en colonnes prédéfinies. C’est le système le mieux adapté à la lecture de plusieurs textes sur un même objet, puisqu’il rend la comparaison immédiate et prépare la synthèse : il suffit de lire une colonne pour disposer de tout ce que les auteurs ont dit d’un même aspect.

Tableau 28. Choisir son système

Système

Situation adaptée

Avantage

Limite

Linéaire

Cours, exposé, oral structuré

Rapide, fidèle à l’ordre du propos

Difficile à réorganiser ensuite

Arborescent

Texte dense, préparation d’un plan

Montre l’architecture, extensible

Peu adapté à la prise en temps réel

Tabulaire

Lectures multiples sur un même objet

Prépare la comparaison et la synthèse

Exige des colonnes définies à l’avance

 

Tableau 29. Modèle de prise de notes tabulaire pour une revue de littérature

Référence

Objet et corpus

Méthode

Résultat principal

Citation utile (page)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6.3. Prendre des notes à l’oral

La prise de notes à l’oral ajoute une contrainte de temps réel. Trois règles la rendent praticable. La première est de noter la structure avant le détail : un plan correct avec des contenus lacunaires se complète, l’inverse ne se reconstitue pas. La deuxième est d’écouter les marqueurs : premièrement, j’en viens maintenant à, ce qu’il faut retenir, en résumé signalent respectivement une entrée dans une partie, une transition et une synthèse. La troisième est de laisser une marge, à gauche ou à droite, pour les ajouts ultérieurs : questions restées sans réponse, références à vérifier, liens avec son propre travail.

Une quatrième habitude, facile à négliger, renforce nettement le dispositif : la relecture dans les vingt-quatre heures. Une dizaine de minutes permet de compléter les abréviations obscures, d’ajouter les mots manquants et de formuler la question restée en suspens. Plus tard, la mémoire fournit de moins en moins ce complément.

6.4. La fiche de lecture

La fiche de lecture est la forme stabilisée de notes prises sur un écrit. Elle se distingue des notes brutes par deux traits : elle est rédigée, au moins partiellement, et elle est conçue pour être relue par quelqu’un qui aurait oublié le texte, à savoir soi-même dans six semaines. Sa structure est stable, et cette stabilité permet de retrouver une information dans un corpus de trente fiches.

Tableau 30. Structure d’une fiche de lecture

Rubrique

Contenu attendu

Longueur indicative

Référence complète

Auteur, année, titre, lieu, éditeur ou revue, pages ; selon la norme retenue pour le mémoire

2 lignes

Objet et problématique

Ce dont traite le texte et la question qu’il pose

2 à 3 lignes

Thèse

La proposition que le texte établit, en une phrase

1 phrase

Plan

Les trois ou quatre articulations du texte

4 lignes

Notions clés

Les termes définis par l’auteur, avec sa définition

3 à 5 lignes

Méthode et corpus

Données, terrain, procédure, s’il y en a

2 lignes

Citations

Deux ou trois passages transcrits exactement, entre guillemets, avec la page

5 lignes

Apport pour mon travail

Ce que j’en retiens, où cela servira, ce que j’en discute

3 lignes

 

Note de méthode : la règle d’or de la citation

Dans vos notes, distinguez par un signe constant ce qui est citation littérale et ce qui est reformulation. Un guillemet oublié dans un cahier devient, trois mois plus tard, un plagiat involontaire dans un mémoire. La convention la plus simple consiste à mettre entre guillemets, avec la page, tout ce qui est copié mot à mot, et à faire précéder de ses initiales ou d’un astérisque tout ce qui est sa propre réflexion. Cette discipline de notation coûte quelques secondes et évite une difficulté majeure.

 

Synthèse : ce qu’il faut retenir

•  Des notes sont bonnes si elles restent exploitables quinze jours plus tard sans retour au texte.

•  L’abréviation doit être systématique et consignée, non improvisée.

•  Trois systèmes, trois usages : linéaire pour l’oral, arborescent pour l’architecture, tabulaire pour la comparaison.

•  À l’oral, noter la structure avant le détail, repérer les marqueurs, laisser une marge, relire dans les vingt-quatre heures.

•  La fiche de lecture obéit à huit rubriques stables ; les citations littérales y sont signalées sans exception.

 

6.5. Activités

Les exercices partent de l’opération la plus locale, l’abréviation, pour aller vers la plus complète, la fiche de lecture. L’exercice 20 introduit une vérification croisée : la reconstitution du texte à partir des notes d’un camarade fait apparaître concrètement ce qu’une prise de notes laisse échapper.

Exercice 17. Abréger

Consigne. Transcrivez le passage suivant en notes abrégées, en utilisant les symboles du tableau 27. Votre version ne doit pas dépasser le tiers de la longueur initiale.

« L’augmentation du nombre d’étudiants inscrits en Master a pour conséquence une diminution du temps que chaque enseignant peut consacrer à l’accompagnement individuel. Il s’ensuit que les dispositifs collectifs, tels que les ateliers d’écriture, deviennent plus nécessaires qu’auparavant, alors même qu’ils sont plus difficiles à organiser. »

Exercice 18. Choisir un système

Consigne. Pour chacune des trois situations, indiquez le système de prise de notes le plus adapté et justifiez votre choix en deux lignes.

a) Vous assistez à un séminaire de deux heures sur la pragmatique du discours.

b) Vous lisez cinq articles sur l’alternance codique pour établir une revue de littérature.

c) Vous lisez un chapitre théorique dense dont vous voulez retenir l’architecture.

Exercice 19. Rédiger une fiche de lecture

Consigne. Établissez la fiche de lecture complète du texte support du chapitre 5, en respectant les huit rubriques du tableau 30.

Exercice 20. Tester l’exploitabilité

Consigne. Échangez vos notes de l’exercice 17 avec celles d’un camarade. Chacun reconstitue le passage initial à partir des notes de l’autre, puis compare avec l’original. Relevez ce qui a été perdu et formulez la règle que cette perte suggère.

Réinvestissement

Constituez les trois premières fiches de lecture de votre mémoire selon le modèle du tableau 30, et adoptez pour l’ensemble de votre documentation le même format de fichier et la même convention de nommage, par exemple nom de l’auteur suivi de l’année. Cette régularité, prise au début, vous épargnera un travail considérable au moment de la rédaction.

 

6.6. Corrigés des activités

Exercice 17. Proposition : « ↑ nb étud. M → ↓ tps accomp. indiv. ⇒ dispos. coll. (ex. ateliers écrit.) + nécess. qu’avt / + diff. à organiser ». L’essentiel est la conservation des deux relations logiques, conséquence et opposition.

Exercice 18. a) Linéaire : oral structuré suivi en temps réel. b) Tabulaire : plusieurs sources sur un même objet, comparaison à préparer. c) Arborescent : il s’agit de saisir une architecture.

Exercice 19. Éléments attendus : objet, le statut du français à l’université algérienne ; thèse, voir exercice 15 ; plan en deux points ; notions, langue étrangère, langue de scolarisation, compétence académique explicite, hétérogénéité ; méthode, texte de réflexion sans corpus ; citation possible, « transformer une compétence partielle, acquise par immersion inégale, en une compétence académique explicite » ; apport, libre, mais rédigé.

Exercice 20. Exercice ouvert. Un constat attendu est la perte des relations logiques lorsque les notes ne retiennent que des mots-clés ; la règle à en tirer est de noter les relations par des symboles autant que les contenus.

Références bibliographiques de la leçon

Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.

1. Références citées dans la leçon

Aucune référence bibliographique spécifique identifiable dans le polycopié source pour cette leçon.

2. Document institutionnel mentionné dans la leçon (« canevas »)

Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen. Harmonisation. Offre de formation Master académique : domaine Lettres et Langues étrangères, filière Langue espagnole, spécialité Langue et Communication. Canevas, année universitaire 2016-2017 (fiche d’organisation semestrielle et programme détaillé par matière). Document institutionnel non publié.

3. Références complémentaires (bibliographie générale du polycopié, non citées dans le texte de la leçon)

Mangiante, J.-M., & Parpette, C. (2011). Le français sur objectif universitaire. Grenoble : Presses universitaires de Grenoble.

→ Lien avec la leçon : ouvrage du polycopié consacré au français sur objectif universitaire, qui traite notamment de la compréhension des cours magistraux et de la prise de notes.