TD. Leçon 8:Chapitre 8. Du paragraphe au texte : cohésion et progression
· M.BENMEDJAHED
· Module français
· PROMO : Espagnole M2COM.
· Année 2023-2024
|
Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne |
|
|
Module |
Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1 « Langues et TIC », matière : français) |
|
Niveau |
Master 2, filière Espagnol (spécialité Langue et Communication) |
|
Type d’enseignement |
Travaux dirigés (TD) |
|
Semestre |
Semestre 3 de la formation (premier semestre du Master 2 ; enseignement assuré au cours d’un seul semestre) |
|
Séance |
Séance 8, semaine 8 |
|
Numéro et titre de la séance |
Chapitre 8. Du paragraphe au texte : cohésion et progression |
|
Enseignant |
Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB) |
|
Année universitaire |
2023/2024 |
|
Référence du fichier |
M2_TD_08 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en Master 2 : compréhension, expression et discours universitaires » |
Chapitre 8. Du paragraphe au texte : cohésion et progression
|
Fiche du chapitre Rubrique du canevas : Expression écrite | Séance : séance 8, semaine 8 Objectifs • construire un paragraphe selon un schéma explicite ; • assurer la reprise de l’information par des moyens variés ; • maîtriser les trois types de progression thématique ; • employer les connecteurs appropriés à chaque relation logique. Compétences travaillées : C6, et préparation directe de C7. Prolongement proposé : exercices 25 à 28 et travaux dirigés 4 (dans ce chapitre). Évaluation : en cours de chapitre, exercices 25 à 28 et TD 4 ; en épreuve notée, examen semestriel, partie D, critère de cohésion. |
Un texte n’est pas une suite de phrases correctes. On peut écrire dix phrases irréprochables qui, mises à la suite, ne forment pas un texte : il y manquera la cohésion, c’est-à-dire le réseau de liens qui fait qu’une phrase prolonge la précédente. Longtemps laissée au second plan par un enseignement centré sur la phrase isolée, cette dimension a été mise au premier plan par la linguistique textuelle et ses prolongements didactiques (Charolles, 1978 ; Combettes, 1988 ; Adam, 2017). Elle pèse, en pratique, d’un grand poids dans la lisibilité d’une copie.
8.1. La construction du paragraphe
Le paragraphe est l’unité de base de l’écrit universitaire. Il traite une idée et une seule, et il se reconnaît à ce qu’on peut le résumer en une phrase. Un paragraphe qui ne se résume pas en une phrase contient probablement deux idées et gagne à être coupé ; un paragraphe de trois lignes, à l’inverse, a rarement eu la place de développer son idée.
Tableau 33. Les quatre temps du paragraphe argumentatif
|
Temps |
Fonction |
Formulations possibles |
|
Idée directrice |
Annoncer ce que le paragraphe établit |
Le premier point à établir est que… / Un premier élément mérite attention : … |
|
Développement |
Expliquer, justifier, détailler |
En effet… / Cela s’explique par… / Plus précisément… |
|
Illustration |
Appuyer par un exemple, une donnée, une citation |
Ainsi… / C’est le cas de… / Comme le montre… |
|
Conclusion partielle |
Clore et préparer la suite |
Il en résulte que… / Ce premier point conduit à examiner… |
Ce schéma n’est pas un carcan : l’ordre peut s’inverser, l’idée directrice venant parfois en conclusion dans un paragraphe qui progresse par induction. Mais tant que la construction n’est pas devenue un réflexe, il vaut mieux s’y tenir. Il offre en outre un instrument de relecture simple : si l’on ne retrouve pas les quatre temps dans un paragraphe, il manque souvent l’un des deux derniers, l’illustration ou la conclusion partielle, et le paragraphe perd alors en force de conviction.
|
Texte support, rédigé pour le cours : un paragraphe annoté « Le choix d’un corpus restreint n’entraîne pas nécessairement une perte de validité. [idée directrice] En effet, la représentativité d’un corpus se mesure moins à son volume qu’à la rigueur des critères qui ont présidé à sa constitution. [développement] Ainsi, un ensemble de quarante copies sélectionnées selon trois critères explicites (niveau d’études, type d’épreuve, conditions de passation) autorise des constats plus solides qu’un ensemble de deux cents copies réunies au hasard des disponibilités. [illustration] Il s’ensuit que la justification des critères de sélection doit figurer dans le mémoire avec autant de soin que la description du corpus lui-même. [conclusion partielle] » |
8.2. Assurer la reprise de l’information
La cohésion s’obtient d’abord par la reprise : chaque phrase renvoie à ce qui précède par un élément qui le rappelle. Le français dispose pour cela de moyens nombreux, et l’écueil consiste à n’en utiliser qu’un seul, soit le pronom, soit la répétition du même nom. Le premier cas produit l’ambiguïté, le second la monotonie.
Tableau 34. Les procédés de reprise
|
Procédé |
Exemple |
Précaution |
|
Pronom personnel |
Le corpus… il… |
Vérifier qu’un seul antécédent est possible |
|
Pronom démonstratif |
Cette hypothèse… celle-ci… |
« Celui-ci » renvoie au plus proche, « celui-là » au plus éloigné |
|
Déterminant démonstratif + nom |
Une enquête… cette enquête… |
Procédé le plus sûr : il désambiguïse |
|
Reprise par synonyme ou hyperonyme |
Le questionnaire… cet instrument… |
Éviter un synonyme approximatif pour un terme technique |
|
Nominalisation de ce qui précède |
Les copies ont été corrigées… cette correction… |
Procédé de liaison le plus dense : il résume et enchaîne |
|
Reprise par un terme générique |
Teams, Moodle… ces plateformes… |
Utile pour regrouper plusieurs éléments cités |
|
Répétition du nom |
Le corpus… le corpus… |
Acceptable pour les termes techniques, à éviter ailleurs |
Pour des scripteurs qui écrivent aussi en espagnol et en arabe, un point mérite une vigilance particulière : le français, contrairement à l’espagnol, n’admet pas le sujet non exprimé. L’espagnol dit es evidente que sans sujet apparent ; le français exige il est évident que. Par ailleurs, le lecteur francophone attend des reprises variées : un texte qui répète systématiquement son substantif reste grammaticalement correct, mais il paraît lourd.
8.3. La progression thématique
La cohésion ne suffit pas : il faut aussi que le texte avance. La progression thématique décrit la manière dont l’information nouvelle s’articule à l’information déjà donnée. On distingue classiquement trois types (Combettes, 1988), que la plupart des textes combinent.
Tableau 35. Trois types de progression thématique
|
Type |
Principe |
Exemple construit |
Usage |
|
À thème constant |
Le même thème reste sujet, les propos changent |
Le corpus comprend quarante copies. Il a été constitué en janvier. Il relève de deux groupes distincts. |
Description d’un objet, portrait, présentation d’une méthode |
|
Linéaire |
Le propos de la phrase devient le thème de la suivante |
Le corpus comprend quarante copies. Ces copies proviennent de deux groupes. Ces groupes diffèrent par leur parcours antérieur. |
Raisonnement, enchaînement de causes et de conséquences |
|
À thèmes dérivés |
Un hyperthème se décline en sous-thèmes |
Le dispositif comporte trois volets. Le premier porte sur… Le deuxième concerne… Le troisième organise… |
Énumération annoncée, plan développé |
L’intérêt de cette typologie est diagnostique. Une copie dont tous les paragraphes commencent par le même sujet donne une impression de piétinement : elle use exclusivement du thème constant. Une copie dont on perd le fil use mal de la progression linéaire, en changeant de thème sans reprendre le propos précédent. La règle pratique est la suivante : commencer la phrase par ce qui est déjà connu du lecteur et terminer par ce qui est nouveau. Cette règle, simple à énoncer, améliore sensiblement la lisibilité d’un texte.
Les connecteurs explicitent la relation entre deux segments du texte. Leur maîtrise est décisive à l’écrit universitaire, et deux défauts symétriques se rencontrent : leur absence, qui laisse le lecteur deviner la relation, et leur surabondance, qui fragmente le texte en étapes mécaniques. Le tableau suivant les classe par relation ; on remarquera que chaque relation offre plusieurs degrés de force.
Tableau 36. Répertoire des connecteurs par relation logique
|
Relation |
Connecteurs |
Remarque d’emploi |
|
Addition |
en outre, de plus, par ailleurs, d’autre part, également, de surcroît |
« Par ailleurs » introduit un point distinct, « de plus » un point de même nature |
|
Cause |
car, en effet, parce que, puisque, étant donné que, dans la mesure où, du fait de |
« En effet » ouvre une phrase qui explique ou confirme la précédente ; « car » relie deux propositions dans la même phrase |
|
Conséquence |
donc, par conséquent, dès lors, ainsi, il s’ensuit que, aussi, de ce fait |
« Aussi » en tête de phrase entraîne l’inversion : « aussi convient-il de… » |
|
Opposition |
mais, or, en revanche, au contraire, à l’inverse, tandis que |
« Or » introduit un fait qui contrarie l’attente ; usage précieux dans la problématisation |
|
Concession |
certes… mais, bien que, s’il est vrai que, sans doute… toutefois, quoique |
La concession renforce l’argumentation : elle montre que l’objection a été pesée |
|
Restriction |
toutefois, cependant, néanmoins, pourtant, du moins, à ceci près que |
« Toutefois » et « néanmoins » relèvent d’un registre plus soutenu que « mais » |
|
Illustration |
ainsi, par exemple, notamment, en particulier, c’est le cas de, à titre d’exemple |
« Notamment » annonce un élément d’une liste non exhaustive |
|
Reformulation |
autrement dit, c’est-à-dire, en d’autres termes, plus précisément |
Signale que l’information précédente est jugée importante |
|
Hiérarchisation |
d’abord, ensuite, enfin, en premier lieu, par-dessus tout, avant tout |
Ne pas annoncer « d’abord » sans « ensuite » : l’annonce engage |
|
Conclusion |
en somme, en définitive, au total, pour conclure, en dernière analyse |
« Finalement » marque surtout l’aboutissement d’un processus ; pour clore un raisonnement, préférer « en définitive » ou « en somme » |
|
Note de méthode : trois emplois de connecteurs à surveiller • Employer en effet pour introduire une conséquence. En effet explique ce qui précède ; la conséquence s’introduit par aussi, dès lors, par conséquent. • Confondre or et donc. Or introduit un élément qui contrarie l’attente, non une conclusion. • Ouvrir chaque paragraphe par un connecteur. Une transition peut se faire par la reprise nominale, souvent plus élégante : « Cette hétérogénéité conduit à… ». |
|
Synthèse : ce qu’il faut retenir • Un paragraphe porte une idée et se résume en une phrase ; les quatre temps donnent une grille de relecture immédiate. • La reprise de l’information se fait par sept procédés au moins : le pronom seul produit l’ambiguïté, la répétition seule la monotonie. • Commencer la phrase par le connu et la terminer par le nouveau : une règle de lisibilité simple et efficace. • Trois progressions thématiques se combinent dans un texte réussi ; l’usage exclusif du thème constant donne une impression de piétinement. • Les connecteurs explicitent une relation : ni absents, ni surabondants, et choisis selon la force de la relation. |
Les exercices conduisent de la construction du paragraphe à la cohésion du texte. Le premier applique le schéma en quatre temps ; les deux suivants travaillent la reprise de l’information et la progression thématique ; le dernier porte sur le choix du connecteur, qui doit chaque fois être justifié par la relation logique exprimée.
Exercice 25. Construire un paragraphe
Consigne. Rédigez un paragraphe de dix à douze lignes sur l’idée directrice suivante, en respectant les quatre temps du tableau 33 : « La prise de notes conditionne la qualité de l’exploitation des sources. » Critères de réussite : quatre temps identifiables, un exemple précis, une conclusion partielle qui prépare une suite.
Exercice 26. Varier les reprises
Consigne. Le paragraphe suivant répète le même nom. Réécrivez-le en employant au moins quatre procédés de reprise différents.
« Le questionnaire a été administré à trente étudiants. Le questionnaire comportait douze items. Le questionnaire a été testé auprès de trois étudiants avant d’être administré. Le questionnaire a permis de recueillir des données sur les pratiques de lecture. »
Exercice 27. Identifier la progression
Consigne. Indiquez le type de progression thématique employé dans chacun des trois extraits du tableau 35, puis réécrivez le premier en progression linéaire.
Exercice 28. Choisir le connecteur
Consigne. Complétez par le connecteur qui convient, puis justifiez votre choix.
a) Le corpus est restreint ; ______, les tendances qu’il révèle sont cohérentes avec les travaux antérieurs.
b) Les consignes n’avaient pas été reformulées ; ______ plusieurs étudiants ont traité un autre sujet.
c) ______ la difficulté de l’exercice est réelle, elle ne justifie pas son abandon.
d) L’hypothèse paraissait solide. ______, les données recueillies l’infirment.
e) Trois critères ont été retenus : le niveau d’études, ______ le type d’épreuve, ______ les conditions de passation.
|
Réinvestissement Reprenez un paragraphe que vous avez rédigé pour votre avant-projet de mémoire. Soumettez-le à trois contrôles : les quatre temps sont-ils présents ? Les reprises sont-elles variées et non ambiguës ? Chaque phrase commence-t-elle par une information déjà connue du lecteur ? Réécrivez-le en conséquence et conservez les deux versions côte à côte. |
8.6. Travaux dirigés 4 : cohésion et connecteurs
Chapitre mobilisé : 8. Objectif : reconstruire la cohésion d’un texte et en expliciter les relations logiques.
TD 4, exercice 1. Remettre un paragraphe en ordre
Consigne. Les phrases suivantes forment un paragraphe dont l’ordre a été bouleversé. Rétablissez l’ordre et justifiez-le par les indices de cohésion.
a) Cette régularité tient à ce que les erreurs d’un apprenant ne sont pas aléatoires.
b) Le carnet d’erreurs repose sur un constat simple : chacun répète un nombre limité de fautes.
c) Il s’ensuit qu’un travail ciblé sur ces quelques points produit plus d’effet que la relecture d’un manuel entier.
d) Elles traduisent des règles intériorisées, parfois inexactes, que l’apprenant applique avec constance.
TD 4, exercice 2. Rétablir les connecteurs
Consigne. Complétez le texte avec les connecteurs suivants, chacun employé une fois : or, en effet, certes, dès lors, en outre, toutefois.
« La grille critériée est souvent présentée comme une garantie d’objectivité. ______, elle réduit la part d’appréciation globale qui fait varier les notes d’un correcteur à l’autre ; ______, elle rend les attentes visibles aux étudiants avant l’épreuve. ______, aucune grille ne supprime le jugement du correcteur. ______, c’est toujours lui qui décide si un critère est rempli. ______, l’objectivité promise doit être comprise comme un encadrement du jugement, non comme sa disparition. Une grille trop détaillée présente ______ un autre risque : morceler la copie en items. »
TD 4, exercice 3. Varier les reprises et la progression
Consigne. Réécrivez le texte suivant en variant les procédés de reprise et en introduisant une progression linéaire là où elle s’impose.
« Moodle est une plateforme. Moodle permet de déposer des documents. Moodle permet aussi de proposer des exercices. Moodle a été utilisé comme espace de dépôt des supports du module. Moodle a facilité l’accès aux cours. »
Exercice 25. Exercice ouvert. Critères : présence des quatre temps ; un exemple précis, par exemple la perte des guillemets dans un cahier, qui transforme une citation en plagiat involontaire ; une conclusion partielle qui annonce une suite.
Le paragraphe suivant, rédigé pour le cours, est un repère qui rend visibles les attendus de la grille, non un modèle à reproduire ; les crochets indiquent la fonction de chaque segment.
|
Paragraphe-type, exercice 25 « La prise de notes conditionne la qualité de l’exploitation des sources. [idée directrice] En effet, le mémoire ne se rédige pas à partir des textes eux-mêmes, relus au moment d’écrire, mais à partir de ce que l’étudiant en a retenu et consigné, parfois plusieurs mois auparavant. [développement] Ainsi, une citation recopiée sans guillemets dans un cahier risque de réapparaître dans le mémoire comme une phrase personnelle, transformant une négligence de notation en plagiat involontaire ; de même, des notes réduites à des mots-clés ne restituent plus les relations logiques du texte source. [illustration] Il en résulte que la rigueur exigée au moment de la rédaction doit être pratiquée dès le moment de la lecture. [conclusion partielle] » |
Exercice 26. Proposition : « Le questionnaire a été administré à trente étudiants. Il comportait douze items. Testé au préalable auprès de trois étudiants, cet instrument a permis de recueillir des données sur les pratiques de lecture ; ces données font l’objet du chapitre suivant. » Procédés : pronom, participe en apposition, hyperonyme avec démonstratif, reprise du propos par un démonstratif.
Exercice 27. Premier extrait : thème constant ; deuxième : progression linéaire ; troisième : thèmes dérivés. Réécriture possible du premier : « Le corpus comprend quarante copies. Ces copies, recueillies en janvier, relèvent de deux groupes distincts. Ces groupes diffèrent par leur parcours antérieur. »
Exercice 28. a) toutefois, cependant ou néanmoins. b) par conséquent, de ce fait. c) Si ou Même si, suivis de l’indicatif ; avec bien que, il faudrait le subjonctif « soit ». d) Or, qui introduit le fait contraire à l’attente ; pourtant ou cependant sont également recevables. e) puis… enfin, ou ensuite… enfin si l’on ajoute « d’abord » devant le premier critère.
TD 4, exercice 1. Ordre : b, a, d, c. « Cette régularité » reprend « un nombre limité de fautes » ; « elles » reprend « les erreurs d’un apprenant » ; « il s’ensuit que » introduit la conclusion.
TD 4, exercice 2. Certes ; en outre ; Or ; En effet ; Dès lors ; toutefois. Le texte complet : « La grille critériée est souvent présentée comme une garantie d’objectivité. Certes, elle réduit la part d’appréciation globale… ; en outre, elle rend les attentes visibles… Or, aucune grille ne supprime le jugement du correcteur. En effet, c’est toujours lui qui décide si un critère est rempli. Dès lors, l’objectivité promise doit être comprise comme un encadrement du jugement… Une grille trop détaillée présente toutefois un autre risque… »
TD 4, exercice 3. Proposition : « Moodle est une plateforme d’enseignement en ligne. Elle permet de déposer des documents, mais aussi de proposer des exercices. Cet outil a servi d’espace de dépôt des supports du module, ce qui a facilité l’accès aux cours. »
Références bibliographiques de la leçon
Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.
1. Références citées dans la leçon
Adam, J.-M. (2017). Les textes : types et prototypes (4e éd.). Paris : Armand Colin.
Combettes, B. (1988). Pour une grammaire textuelle : la progression thématique (2e éd.). Bruxelles / Paris : De Boeck / Duculot.
Charolles, M. (1978). Introduction aux problèmes de la cohérence des textes : approche théorique et étude des pratiques pédagogiques. Langue française, 38, 7-41.
2. Document institutionnel mentionné dans la leçon (« canevas »)
Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen. Harmonisation. Offre de formation Master académique : domaine Lettres et Langues étrangères, filière Langue espagnole, spécialité Langue et Communication. Canevas, année universitaire 2016-2017 (fiche d’organisation semestrielle et programme détaillé par matière). Document institutionnel non publié.
Langue d'oïl
Les langues d'oïl sont les langues
romanes qui se sont développées dans
la partie nord de la Gaule, puis
dans la partie nord de la France, dans le sud de la Belgique (Belgique romane) et dans les îles Anglo-Normandes.
Cette branche gallo-romaine
du nord a conservé un substrat
celtique plus important et a subi une plus grande influence du germanique
que sa cousine gallo-romaine du sud, la langue d'oc.
On rencontre le terme « langue d'oïl » aussi bien au singulier qu'au pluriel, le terme ayant deux sens différents :
• Au singulier, la « langue d'oïl » est le français au sens large[1], d'après la classification la plus traditionnelle de la linguistique romane. L'expression la langue d'oïl implique que les variétés du domaine d'oïl sont des dialectes de la langue française, ou plutôt des variantes mutuellement intelligibles avec le français. (On peut faire le parallèle avec le terme deutsch, qui en linguistique désigne la
langue allemande, composée de dialectes mutuellement intelligibles, ou encore le terme « occitan » ou « langue d'oc »).
• Au pluriel, l'usage de « langues d'oïl » signifie qu'il y a des langues distinctes dans le domaine d'oïl : le berrichon, le bourbonnais, le bourguignon-morvandiau, le champenois, le franc-comtois, le français, le gallo, le lorrain, le mayennais, le normand, le picard, le poitevin-saintongeais (poitevin et saintongeais)[2] et le wallon. Partant de ce point de vue, chacune des langues de cette branche est une « langue d'oïl ». Cette vision s'est développée depuis les années 1970 et fait concurrence à la précédente.
L'Académie française retient la définition suivante : la langue d'oïl regroupe l'ensemble des parlers pour lesquels « oui » se disait oïl (prononcez [ɔi] ou [ɔil][3] ; de ce mot dérive le français « oui »). Selon cette définition, il n'y a donc pas de distinction particulière entre le parler franceis/françois (français historique) et tous les autres[4]. De plus, la langue d'oïl étant définie comme un ensemble de parlers, il n'y a pas lieu dans ce cas d'utiliser le pluriel « les langues d'oïl ».
Article détaillé : Histoire de la langue française.
L'usage du terme « langue d'oïl » est attesté dès la fin du XIIIe siècle et vient de Dante, qui avait nommé trois langues romanes selon la manière de dire « oui » : la « langue d'oïl » (français), la « langue d'oc » (lenga d'òc, occitan) et la « langue de si » (italien). Oïl vient du latin hoc ille (celui-ci), oc de hoc (ceci), et si de sic (ainsi).
On disait « langue d'oïl » au singulier car, entre les IXe et XIIe siècles, il s'agissait davantage de variétés linguistiques mutuellement compréhensibles que de langues distinctes à proprement parler. Auparavant, entre les IXe et XIIe siècles, on trouvait le terme romana lingua, terme attesté dans les Serments de Strasbourg (842).
Entre les XIIe et XIIIe siècles, la plupart des parlers d'oïl allaient perdre de l'importance au profit d'un parler interdialectal favorisant les échanges littéraires et juridiques entre les régions. Cette koinè interdialectale allait ensuite se développer en région parisienne, siège du pouvoir, et passer du statut de langue écrite à celui de langue parlée. À la fin du XIIIe siècle, cette koinè avait pris officiellement le nom de français. Cette langue était toutefois (et l'est encore) influencée par les différentes langues locales, ce qui explique qu'un Parisien ne parle pas le français comme un Marseillais (occitan) ou un Namurois (pourtant parler d'oïl également).
Roger Bacon, dans son Opus maius, écrit en latin médiéval (traduit) au XIIIe siècle : « En effet, les idiomes d'une même langue varient selon les individus, comme il arrive à la langue française qui auprès des Français, des Picards, des Normands et des Bourguignons varie de manière idiomatique. Et les termes corrects dans la langue des Picards font horreur aux Bourguignons, et même aux Français plus voisins... »
Classification:
• Langue d'oïl, puis dialectes d'oïl et langues d'oïl
• Occitan ou langue d'oc (intermédiaire entre langues gallo-romanes et ibéro-romanes)
• Catalan et Aragonais (intermédiaires entre langues gallo-romanes et ibéro-romanes)
• Groupe rhéto-roman (romanche, ladin, frioulan ; intermédiaires entre langues gallo-romanes et italo-romanes)
• Nord-italien ou italien septentrional (intermédiaire entre langues gallo-romanes et italo-romanes)
Aperçu des langues d'oïl modernes
Les langues d'oïl, langues régionales parlées en France, au Canada, en Belgique, en Suisse et dans les îles Anglo-Normandes sont les suivantes[5] :
• acadien
• angevin
• gallo
• variétés koinè de la langue d'oïl
• lorrain
• manceau
• normand
• picard
• poitevin-saintongeais dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais
• wallon
Le français historique, en tant que langue d'oïl ancienne d'Île-de-France, est parfois désigné sous le terme de « francien ». Ce terme est un néologisme linguistique du XIXe siècle. En effet, avant on parlait tout simplement de franceis, françoys ou de françois (prononcé [frãntsëè], puis [frãswè]). L'hypothèse francienne suppose que les origines du français moderne se situe dans une variété de francien littéraire de prestige victorieuse au détriment des
autres variétés de la langue d'oïl, une hypothèse rejetée au profit de la perspective que le français s'est développé sur la base d'une koinè populaire à Paris et possiblement dans d'autres centres urbains de l'aire des langues d'oïl. Il en résulte que le terme « francien » a été remplacé par celui de francilien ou « HDP » dans le sens strict géolinguistique de variété de la langue d'oïl historiquement contemporaine aux autres variétés de la langue d'oïl[6]. En dehors du francilien, l'arbre phylogénétique de la langue d'oïl comprend également l'ancien français populaire de Paris du XVIIe siècle qui est l'ancêtre du français d'Europe et du français d'Amérique (sauf en ce qui concerne le français acadien, voir plus bas)[7].
Le français acadien aussi se rattache directement aux langues d'oïl, même s'il n'est pas une langue régionale de France. Le français acadien dont le point de départ des premiers locuteurs est géographiquement circonscrit à quelques villages du Loudunais, serait de ce fait une variété de la langue d'oïl dérivée de l'angevin selon les uns[8] sinon une variété à substrat poitevin[9].
Des variétés de normand (jersiais, guernesiais et sercquiais) sont parlées dans les Îles Anglo-Normandes et reconnues comme langues régionales par les gouvernements de ces îles (le jersiais et le guernesiais sont reconnus comme langues régionales des îles Britanniques par le Royaume-Uni et la République d'Irlande dans le cadre du Conseil britannique-irlandais).
Le wallon, le picard, le lorrain roman (appelé gaumais) (il existe aussi des dialectes lorrains germaniques) et le champenois sont reconnus en Belgique par la Communauté française en tant que langues endogènes depuis 1990.
• Joan-Pere Pujol, « Langues d'oïl et idiomes apparentés », Lacour, Nimes, 2005.
[1] On parle de formes du français, par exemple le français normand, le français picard, etc http://books.google.fr/ books?id=MFowcbI6GWsC&lpg=PA263&dq=serge%20lusignan%20les%20formes%20du%20fran%C3%A7ais&hl=fr& pg=PA263#v=onepage&q&f=false
[2] Après une éclipse entre 2007 et le 19 janvier 2010, le poitevin-saintongeais réapparaît dans la liste des langues de France, langues d'oïl, début 2010, dans le site web (http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/lgfrance/lgfrance_presentation.htm) de la Délégation générale à la
langue française et aux langues de France (DGLFLF), service du Ministère de la Culture, sous le libellé suivant : « poitevin-saintongeais [dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais] ».
[3] http://www.academie-francaise.fr/le-dictionnaire-la-9e-edition/exemples-de-remarques-normatives : Paragraphe intitulé « oui »
[4] Mais avec cette définition, le gallo ne fait pas partie de la langue d'oïl, puisque le « oui » s'y dit ya ou vé.
[5] liste inspirée du rapport d'avril 1999 (http://www.dglf.culture.gouv.fr/lang-reg/rapport_cerquiglini/langues-france.html) du professeur Bernard Cerquiglini
[6] R. Anthony Lodge, A Sociolinguistic History of Parisian French, Cambridge University Press, 2004, pp. 54-71. (http://books.google.ca/ books/about/A_Sociolinguistic_History_of_Parisian_Fr.html?id=Lecl8p6EsnUC&redir_esc=y) HDP pour « Hinterland Dialect of Paris » (Lodge p. 57), parfois traduit comme DAP pour « dialecte de l'arrière-pays parisien ».
[7] Outre Lodge (2004), voir Robert Chaudenson, « Français d'Amérique du Nord et créoles français : le français parlé par les immigrants du », dans Les origines du français québécois, R. Mougeon et Édouard Beniak (ed.), Presses de l'Université Laval, 1994, pp. 167-180; Yves Charles Morin, « Les sources historiques de la prononciation du français du Québec », dans Les origines du français québécois, R. Mougeon et Édouard Beniak (ed.), Presses de l'Université Laval, 1994, pp. 199-236; Yves Charles Morin, « Les premiers immigrants et la prononciation du français au Québec », Revue québécoise de linguistique, vol. 31, n° 1, 2002, p. 39-78; (http://www.erudit.org/revue/rql/2002/v31/n1/ 006844ar.pdf) Henri Wittmann, Grammaire comparée des variétés coloniales du français populaire de Paris du siècle et origines du français
québécois. Revue québécoise de linguistique théorique et appliquée, vol 12, 1995, pp. 281–334, réimprimé dans Robert Fournier & Henri
Wittmann (ed.), Le français des Amériques, Presses Universitaires de Trois-Rivières, 1995. (http://www.nou-la.org/ling/1995a-fda.pdf); Henri Wittmann, « Le français populaire de Paris dans le français des Amériques », Proceedings of the International Congress of Linguists (Paris, 20-25 juillet 1997), Oxford, Pergamon (CD edition), 1998, article 16.0416. (http://www.nou-la.org/ling/1998a-fpparis.pdf)
[8] Henri Wittmann, « L'Ouest français dans le français des Amériques : le jeu des isoglosses morphologiques et la genèse du dialecte acadien. » L'Ouest français et la francophonie nord-américaine: actes du Colloque international de la francophonie tenu à Angers du 26 au 29 mai 1994, Georges Cesbron (éd.), Angers : Presses de l'Université d'Angers, pp. 127-36. (http://www.nou-la.org/ling/1996b-acadien.pdf)
[9] Jean-Michel Charpentier, « Le substrat poitevin et les variantes régionales acadiennes actuelles », Langue, espace, société: les variétés du français en Amérique du Nord, Claude Poirier (ed.), Presses de l'université Laval, 1994, pp. 41-67. (http://www.erudit.org/livre/CEFAN/ 1994-1/000380co.pdf)
• Liste officielle des Langues de France (http://www.culture.gouv.fr:80/culture/dglf/lgfrance/ lgfrance_presentation.htm)
• Carte et Dictionnaire des Langues de France (http://www.lexilogos.com/france_carte_dialectes.htm)
Sources et contributeurs de l’article
Langue d'oïl Source: http://fr.wikipedia.org/w/index.php?oldid=98250709 Contributeurs: Aaker, Acer11, Actarus Prince d'Euphor, Aimelaime, Akarige, Alalca, Alchemica, Amqui, AméliorationsModestes, Aragonesista, Archibald, Aubadaurada, Auseklis, Bad-Twin, Baronnet, BernardM, Bjung, Blidu, BrightRaven, Caesaraix, Cagouillat, Chrisminter, Clarius29, CommonsDelinker, Croquant, CrucialFriend, Damameri, De Wikischim, Dominique Fournier, Druss, Durandal, Eklir, Enzino, Hercule, Hégésippe Cormier, Japonaisfrancais, JarnaQuais, Jdresse, Jef-Infojef, Jfblanc, Joseph ASPERROU, Justinien 03, Kimdime, Koyuki, Le Mans, Leag, Liam D, Litlok, Lomita, MAGENE, Man vyi, Maraudeur, Myriosis, Nortmannus, Onial Khan, Orthogaffe, Palpalpalpal, Panda rouge, Pautard, Penelope20k, Péeuh, Sebjarod, Sebletoulousain, Serged, Sl, Snowballa, Soda12, Speculoos, Splbeso, Srtxg, Stephane.dohet, SyntaxTerror, Teofilo, TigH, Toto Azéro, Ultrogothe, Visite fortuitement prolongée, Vivarés, Vlaam, Vyk, Xic667, Yotna, Zantastik, Ziron, Zorion, 93 modifications anonymes
Source des images, licences et contributeurs
Image:Langues d'oïl.PNG Source: http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Fichier:Langues_d'oïl.PNG Licence: Public Domain Contributeurs: Aaker 10:39, 14 April 2007 (UTC)
Fichier:Nuvola apps gaim.png Source: http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Fichier:Nuvola_apps_gaim.png Licence: GNU Lesser General Public License Contributeurs: Alphax, It Is Me Here, Pierpao, Pmsyyz, Πrate
Licence
Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0
//creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/