TD.Leçon n°12. Chapitre 12. Débattre, nuancer, répondre
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Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne |
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Module |
Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1 « Langues et TIC », matière : français) |
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Niveau |
Master 2, filière Espagnol (spécialité Langue et Communication) |
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Type d’enseignement |
Travaux dirigés (TD) |
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Semestre |
Semestre 3 de la formation (premier semestre du Master 2 ; enseignement assuré au cours d’un seul semestre) |
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Séance |
Séance 12, semaine 12 |
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Numéro et titre de la séance |
Chapitre 12. Débattre, nuancer, répondre |
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Enseignant |
Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB) |
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Année universitaire |
2023/2024 |
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Référence du fichier |
M2_TD_12 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en Master 2 : compréhension, expression et discours universitaires » |
Chapitre 12. Débattre, nuancer, répondre
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Fiche du chapitre Rubrique du canevas : Expression orale | Séance : séance 12, semaine 12 Objectifs • exprimer un accord ou un désaccord nuancé ; • prendre et céder la parole dans une discussion encadrée ; • répondre à une question, une demande de précision ou une objection ; • préparer la phase de questions d’une soutenance. Compétences travaillées : C9 et C10, avec appui sur C7. Prolongement proposé : épreuve de contrôle 2 : exposé de dix minutes suivi de cinq minutes de questions (voir le modèle de cette épreuve, après le chapitre 15). Évaluation : en cours de chapitre, exercices 41 à 44 ; en épreuve notée, épreuve de contrôle 2, phase de questions. |
L’exposé maîtrisé, reste la discussion, souvent plus redoutée. Dans une soutenance, c’est elle qui montre si le candidat possède réellement son sujet. Un exposé peut être appris ; une réponse à une question imprévue se construit en direct, et cette capacité se travaille comme les autres.
12.1. Accord, désaccord, nuance
Le premier besoin est celui d’un répertoire. Réduit à deux formules, « je suis d’accord » et « je ne suis pas d’accord », on se condamne à un positionnement binaire, là où la discussion universitaire se joue dans les degrés.
Tableau 47. Exprimer sa position avec nuance
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Position |
Formules |
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Accord complet |
Je partage entièrement ce point de vue. / Cette analyse me paraît tout à fait fondée. |
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Accord partiel |
Je vous suis sur ce premier point, moins sur le second. / Cette lecture est convaincante pour l’essentiel, sous une réserve. |
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Accord avec déplacement |
Je ne contesterais pas le constat, mais j’en proposerais une autre explication. |
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Réserve |
Je m’interroge sur… / Il me semble que ce point mériterait d’être nuancé. / J’hésiterais à généraliser. |
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Désaccord courtois |
Je ne partage pas cette conclusion, et voici pourquoi. / Mon analyse diffère sur ce point précis. |
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Désaccord argumenté |
Cette interprétation me paraît difficile à soutenir, dans la mesure où… |
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Demande de précision |
Pourriez-vous préciser ce que vous entendez par… ? / Si je vous comprends bien, vous soutenez que… Est-ce exact ? |
Un point de forme importe autant que le lexique : en français universitaire, le désaccord se formule sur le propos et non sur la personne. On dit « cette analyse me paraît contestable », non « vous avez tort » ; on dit « l’argument ne me convainc pas », non « votre argument est faux ». Cette dépersonnalisation n’est pas une politesse vide : elle maintient la discussion sur le terrain des raisons, où elle est productive.
12.2. Prendre et céder la parole
Dans une discussion, l’accès à la parole est régulé. Trois situations se présentent. Pour demander la parole : un geste discret, puis une formule brève, telle que puis-je ajouter un mot ?, je souhaiterais réagir sur ce point. Pour s’insérer dans un échange en cours, lorsque c’est admis : si je peux me permettre, une précision peut-être. Pour céder la parole, geste moins spontané : je m’arrête là, d’autres auront sans doute à dire sur ce point, j’aimerais savoir ce qu’en pensent les autres.
Trois défauts guettent la discussion de groupe, et il est plus simple de les nommer que de les corriger ensuite. L’accaparement, lorsqu’un participant occupe la parole bien au-delà de sa part : la règle des deux minutes par intervention, annoncée au départ, y remédie. Le monologue hors sujet, lorsqu’une intervention s’éloigne de la question : l’animateur recentre par une formule brève, telle que revenons à la question posée. Le silence collectif, enfin, qui traduit souvent moins une absence d’idées qu’une appréhension de la prise de parole : deux minutes d’échange en binôme avant la discussion collective aident à le dissiper.
Répondre suppose quatre opérations, dans cet ordre, et la tentation est grande de sauter la première. Il faut d’abord comprendre la question, c’est-à-dire se donner le droit de la faire répéter ou de la reformuler pour vérification. Il faut ensuite la qualifier : est-ce une demande d’information, une demande de précision, une objection, une suggestion ? Il faut alors répondre, brièvement et précisément. Il faut enfin vérifier que la réponse a porté : est-ce que cela répond à votre question ?
Tableau 48. Typologie des questions de jury et réponses appropriées
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Type de question |
Exemple |
Réponse appropriée |
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Demande d’information |
Combien de copies comporte votre corpus ? |
Réponse factuelle immédiate, avec la page du mémoire où elle figure |
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Demande de précision |
Qu’entendez-vous exactement par « cohésion » ? |
Définition en une phrase, puis référence à l’auteur retenu |
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Demande de justification |
Pourquoi avoir retenu quarante copies et non cent ? |
Rappel du critère, puis reconnaissance de la limite qu’il implique |
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Objection de fond |
Votre corpus ne permet pas cette généralisation. |
Reconnaissance de la portée limitée, puis rappel de ce que le corpus permet effectivement d’établir |
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Suggestion |
Avez-vous envisagé de croiser ces données avec un questionnaire ? |
Remerciement, puis appréciation de la piste : ce qu’elle apporterait, ce qu’elle exigerait |
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Question sur un point ignoré |
Connaissez-vous les travaux de tel auteur ? |
Aveu franc et bref, puis ce qu’on en fera : « non, je ne les ai pas lus ; je les consulterai » |
Le dernier cas mérite qu’on s’y arrête, car il inquiète souvent. Reconnaître une ignorance précise ne disqualifie personne : un mémoire de Master, chacun le sait, n’épuise pas la bibliographie d’un domaine. Ce qui fragilise un candidat, c’est l’improvisation sur un ouvrage qu’il n’a pas lu, que quelques questions suffisent à révéler. La formule « je ne connais pas ces travaux, je les consulterai » ferme l’échange proprement ; la paraphrase vague l’ouvre sur un terrain dangereux.
12.4. Trois situations difficiles
La question qu’on n’a pas comprise. On la fait reformuler, sans embarras : pourriez-vous reformuler votre question ? Si elle reste obscure, on reformule soi-même ce qu’on a cru comprendre et l’on demande confirmation. Répondre à côté, en espérant que cela passe, coûte en général davantage.
La critique qui porte. Lorsque l’objection est juste, la réponse la plus solide consiste à l’admettre et à en tirer les conséquences : vous avez raison, ce point est insuffisamment étayé ; il faudrait… Reconnaître une faiblesse en indiquant comment y remédier témoigne d’une maîtrise du sujet que la défense de l’indéfendable ne montre pas.
Le blanc. Il arrive qu’on ne trouve rien à dire. Deux secondes de silence sont acceptables et passent souvent inaperçues ; on peut aussi gagner du temps légitimement en reformulant la question (si je comprends bien, vous me demandez si…), ce qui donne quelques secondes pour organiser la réponse. L’aveu vaut mieux que le remplissage : je n’ai pas de réponse immédiate ; ce que je peux dire, c’est que…
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Synthèse : ce qu’il faut retenir • La discussion universitaire se joue dans les degrés : un répertoire gradué vaut mieux que l’opposition accord-désaccord. • Le désaccord porte sur le propos, jamais sur la personne. • Répondre, c’est d’abord comprendre et qualifier la question, ensuite seulement y répondre, enfin vérifier qu’on y a répondu. • Reconnaître une ignorance précise ne disqualifie pas ; improviser sur un ouvrage non lu fragilise toute la discussion. • Deux secondes de silence passent souvent inaperçues ; la reformulation de la question est un moyen légitime de gagner du temps. |
Les exercices conduisent de l’expression d’une position à la discussion encadrée, puis à la simulation de soutenance. La qualification explicite des questions, demandée dans l’exercice 42, en constitue l’opération centrale : elle permet de choisir le type de réponse avant de répondre.
Exercice 41. Nuancer sa position
Consigne. Pour chaque affirmation, exprimez successivement un accord partiel, une réserve et un désaccord argumenté, en employant les formules du tableau 47.
a) La traduction automatique rend inutile l’apprentissage de la rédaction académique.
b) La prise de notes manuscrite n’a plus d’utilité à l’heure du numérique.
c) L’évaluation par grille supprime toute subjectivité de la notation.
Exercice 42. Qualifier et répondre
Consigne. Pour chacune des questions suivantes, portant sur un mémoire fictif consacré aux pratiques de lecture des étudiants, qualifiez le type de question selon le tableau 48, puis rédigez une réponse de deux ou trois phrases.
a) « Votre échantillon compte-t-il des étudiants de licence ? »
b) « Vous parlez de pratiques de lecture : de quelle définition partez-vous ? »
c) « Vos conclusions valent-elles au-delà de votre département ? »
d) « Pourquoi ne pas avoir interrogé les enseignants ? »
e) « Connaissez-vous les travaux consacrés aux littéracies universitaires ? »
Exercice 43. Discussion encadrée
Consigne. Discussion en groupe de six, trente minutes, sur la question suivante : « Faut-il imposer une langue de rédaction du mémoire ou en laisser le choix à l’étudiant ? » Un participant anime et distribue la parole, un autre prend des notes et fera la synthèse, les quatre autres interviennent. Règle : deux minutes au maximum par intervention, aucune interruption.
Exercice 44. Simulation de soutenance
Consigne. Par groupes de quatre : un candidat présente dix minutes, trois camarades jouent le jury et posent cinq questions correspondant à cinq types différents du tableau 48. À l’issue, le groupe formule deux observations sur les réponses, l’une portant sur le contenu, l’autre sur la forme. Les rôles tournent.
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Réinvestissement Établissez la liste des dix questions que vous redoutez le plus à propos de votre mémoire, y compris celles qui vous paraissent les plus déstabilisantes. Rédigez pour chacune une réponse de trois phrases. Cette liste constitue un outil de préparation précieux : les questions qui inquiètent le candidat désignent souvent les points fragiles du travail, ceux qu’un lecteur attentif relèvera aussi. |
Exercice 41. Proposition pour a). Accord partiel : « Je vous suis sur la qualité grammaticale des textes produits, moins sur l’inutilité de l’apprentissage. » Réserve : « J’hésiterais à conclure que l’outil remplace la maîtrise du registre. » Désaccord argumenté : « Cette conclusion me paraît difficile à soutenir, dans la mesure où l’étudiant doit répondre seul aux questions du jury. »
Exercice 42. a) Demande d’information. b) Demande de précision. c) Objection de fond, portant sur la généralisation. d) Demande de justification, éventuellement suggestion. e) Question sur un point peut-être ignoré. Pour c), réponse possible : « Non, et je l’indique dans ma conclusion : mon corpus permet d’établir une tendance dans un département, qu’il faudrait vérifier ailleurs. »
Exercices 43 et 44. Exercices de pratique, évalués par les observateurs à partir des critères annoncés : respect des tours de parole, qualification des questions, concision des réponses.
Références bibliographiques de la leçon
Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.
1. Références citées dans la leçon
Aucune référence bibliographique spécifique identifiable dans le polycopié source pour cette leçon.
2. Document institutionnel mentionné dans la leçon (« canevas »)
Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen. Harmonisation. Offre de formation Master académique : domaine Lettres et Langues étrangères, filière Langue espagnole, spécialité Langue et Communication. Canevas, année universitaire 2016-2017 (fiche d’organisation semestrielle et programme détaillé par matière). Document institutionnel non publié.
3. Références complémentaires (bibliographie générale du polycopié, non citées dans le texte de la leçon)
Dolz, J., & Schneuwly, B. (1998). Pour un enseignement de l’oral : initiation aux genres formels à l’école. Paris : ESF.
→ Lien avec la leçon : l’ouvrage consacre un chapitre au débat régulé, genre oral travaillé dans ce chapitre.
Mangiante, J.-M., & Parpette, C. (2011). Le français sur objectif universitaire. Grenoble : Presses universitaires de Grenoble.
→ Lien avec la leçon : ouvrage du polycopié consacré au français sur objectif universitaire, qui traite notamment de la participation orale aux cours et aux séminaires.