TD.Leçon n°13:Chapitre 13. Genres, types de discours et énonciation
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Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen Faculté des Langues Étrangères — Département d’espagnol Fiche d’identification de la ressource déposée en ligne |
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Module |
Français transversal (unité d’enseignement transversale UET1 « Langues et TIC », matière : français) |
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Niveau |
Master 2, filière Espagnol (spécialité Langue et Communication) |
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Type d’enseignement |
Travaux dirigés (TD) |
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Semestre |
Semestre 3 de la formation (premier semestre du Master 2 ; enseignement assuré au cours d’un seul semestre) |
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Séance |
Séance 13, semaine 13 |
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Numéro et titre de la séance |
Chapitre 13. Genres, types de discours et énonciation |
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Enseignant |
Dr BENMEDJAHED Gallal Sidi Mohamed, maître de conférences classe B (MCB) |
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Année universitaire |
2023/2024 |
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Référence du fichier |
M2_TD_13 — extrait du polycopié « Le français, module transversal en Master 2 : compréhension, expression et discours universitaires » |
Chapitre 13. Genres, types de discours et énonciation
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Fiche du chapitre Rubrique du canevas : Analyse du discours | Séance : séance 13, semaine 13 Objectifs • distinguer type de texte et genre de discours ; • identifier les traits des principaux genres universitaires ; • repérer les marques de l’énonciation et de la subjectivité ; • conduire l’analyse guidée d’un texte court. Compétences travaillées : C1, C2 et C10. Prolongement proposé : analyse guidée de deux textes, à partir de la grille du tableau 52. Évaluation : en cours de chapitre, exercices 45 à 48 ; en épreuve notée, examen semestriel, partie A. |
L’analyse du discours fait l’objet, en première année du Master « Langue et Communication », d’une unité d’enseignement fondamentale (matières « discours, texte et contexte » et « la grammaire du discours et de l’énoncé ») ; au semestre 3, l’unité fondamentale de linguistique comprend une matière de linguistique énonciative et une matière de pragmatique. La rubrique du module de français en propose un usage instrumental : quelques outils d’observation, appliqués aux écrits universitaires en français, qui servent à mieux lire et à mieux écrire. Reconnaître le genre d’un texte permet de savoir ce qu’on peut en attendre ; repérer ses marques d’énonciation, de savoir qui parle et avec quel degré d’engagement. Les notions étudiées dans ces enseignements trouvent ainsi un terrain d’application sur des textes en français.
13.1. Type de texte et genre de discours
Deux notions voisines doivent être distinguées. Le type de texte désigne un mode d’organisation de l’information, en nombre limité et indépendant des situations : raconter, décrire, expliquer, argumenter, prescrire. Le genre de discours désigne une forme socialement reconnue, liée à une situation, à une institution et à un support : l’article de recherche, le mémoire, le compte rendu, la consigne d’examen, le courriel administratif (Adam, 2017 ; Maingueneau, 2016). Un même genre combine généralement plusieurs types : un article de recherche décrit son corpus, explique sa méthode et argumente ses conclusions.
Tableau 49. Les cinq types de texte
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Type |
Visée |
Indices linguistiques |
Exemple universitaire |
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Narratif |
Rapporter une succession d’événements |
Passé composé ou passé simple, organisateurs temporels |
Récit du déroulement d’une enquête de terrain |
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Descriptif |
Présenter un objet, ses parties, ses propriétés |
Présent ou imparfait, verbes d’état, lexique spatial |
Présentation du corpus ou du terrain |
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Explicatif |
Faire comprendre un phénomène |
Présent, connecteurs de cause, définitions, reformulations |
Chapitre théorique, définition de notions |
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Argumentatif |
Faire admettre une thèse |
Connecteurs logiques, concession, modalisation |
Discussion des résultats, conclusion |
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Injonctif |
Faire faire |
Impératif, infinitif, futur, verbes de nécessité |
Consigne d’examen, appel à communication |
13.2. Les genres universitaires
Un étudiant de Master lit et produit un nombre limité de genres, mais il doit en connaître les traits, car chacun obéit à un contrat implicite que le lecteur attend de voir respecté. Un compte rendu qui ne présente pas l’ouvrage, un résumé qui juge, une consigne qui se mélange à une explication manquent leur genre, quelle que soit la qualité de la langue.
Tableau 50. Traits des principaux genres universitaires
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Genre |
Fonction |
Structure attendue |
Énonciation dominante |
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Article de recherche |
Établir un résultat nouveau |
Introduction, cadre, méthode, résultats, discussion, conclusion |
« Nous » de méthode, passif, modalisation |
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Mémoire de Master |
Démontrer la maîtrise d’une démarche de recherche |
Introduction, partie théorique, partie pratique, conclusion, bibliographie |
Idem, avec plus d’explicitation |
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Compte rendu d’ouvrage |
Présenter et apprécier une publication |
Présentation, résumé, discussion, appréciation |
Troisième personne, verbes introducteurs |
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Résumé d’article |
Condenser un article pour le lecteur pressé |
Objet, méthode, résultats, portée |
Présent, aucune appréciation |
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Consigne d’examen |
Prescrire une tâche |
Contexte, tâche, contraintes, critères |
Impératif ou infinitif, deuxième personne |
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Courriel administratif |
Demander, informer |
Objet, adresse, demande, clôture |
Première personne, formules codées |
La consigne d’examen mérite une attention particulière, car sa lecture conditionne la réussite de l’épreuve. Elle se compose de verbes de tâche dont le sens est précis et qu’on ne doit pas confondre : résumer n’est pas commenter, analyser n’est pas décrire, discuter n’est pas exposer. Une lecture approximative du verbe de consigne suffit à produire un hors-sujet. L’annexe B en donne le relevé commenté.
13.3. Les marques de l’énonciation
Tout énoncé porte la trace de la situation dans laquelle il a été produit : qui parle, à qui, quand, où, et avec quelle attitude à l’égard de ce qu’il dit. Ces traces constituent les marques de l’énonciation, et leur repérage permet de mesurer le degré d’implication du locuteur dans son propos (Kerbrat-Orecchioni, 1980). Quatre catégories couvrent l’essentiel des besoins de l’analyse pratique.
Tableau 51. Quatre catégories de marques énonciatives
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Catégorie |
Marques |
Exemple |
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Personnes |
je, nous, on, vous ; possessifs correspondants |
« Nous proposons de distinguer… » |
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Repères spatio-temporels |
ici, maintenant, aujourd’hui, dans ce chapitre, ci-dessus, désormais |
« Dans le présent chapitre, nous… » |
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Modalisateurs |
adverbes (sans doute, certainement), verbes (sembler, paraître), conditionnel, tournures impersonnelles |
« Ce décalage s’expliquerait sans doute par… » |
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Lexique évaluatif |
adjectifs et noms porteurs de jugement : remarquable, contestable, lacune, apport |
« Cette approche présente une lacune importante. » |
Le repérage de ces marques permet d’opposer deux pôles. Un discours où elles abondent est fortement subjectivisé : éditorial, tribune, lettre ouverte. Un discours où elles sont rares tend vers l’objectivation : notice encyclopédique, compte rendu factuel, rapport technique. L’écrit scientifique occupe une position intermédiaire et réglée : il efface la plupart des marques de personne au profit du « nous » et du passif, mais il conserve les modalisateurs, parce que l’indication du degré de certitude fait partie de la démarche scientifique.
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Deux textes supports à comparer, rédigés pour le cours Texte A. « Il faut le dire sans détour : nos universités ont abandonné l’écrit. Chaque année, je vois arriver en Master des étudiants brillants, incapables pourtant d’aligner trois paragraphes cohérents. Ce désastre silencieux, personne ne veut le regarder en face. » Texte B. « Les travaux consacrés aux littéracies universitaires font apparaître des difficultés rédactionnelles persistantes chez une partie des étudiants de Master. Ces difficultés portent moins sur la correction grammaticale que sur l’organisation textuelle. Leur ampleur reste toutefois difficile à mesurer, faute d’études comparatives à grande échelle. » Questions. 1. Relevez dans chaque texte les marques de personne, les modalisateurs et le lexique évaluatif. 2. Déterminez le genre probable de chaque texte. 3. Lequel pourrait figurer dans un mémoire, et sous quelle forme l’autre pourrait-il y être mentionné ? |
13.4. Une grille d’analyse pratique
La grille suivante rassemble les acquis du chapitre en six questions. Elle n’a pas l’ambition d’une méthode d’analyse du discours au sens savant ; elle constitue un outil de lecture méthodique, applicable à tout texte court et directement réutilisable dans l’examen.
Tableau 52. Grille d’analyse en six questions
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N° |
Question |
Ce qu’on cherche |
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1 |
Qui parle, à qui, dans quel cadre ? |
Auteur, destinataire, support, institution |
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2 |
À quel genre appartient le texte ? |
Genre et contrat attendu (tableau 50) |
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3 |
Quel type de texte domine ? |
Type dominant et types secondaires (tableau 49) |
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4 |
Comment l’énonciateur s’implique-t-il ? |
Marques de personne, repères, modalisateurs, évaluatifs (tableau 51) |
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5 |
Comment le texte est-il organisé ? |
Plan, connecteurs, progression thématique |
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6 |
Quel est l’effet recherché ? |
Informer, convaincre, faire agir ; moyens employés pour y parvenir |
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Synthèse : ce qu’il faut retenir • Le type est un mode d’organisation, le genre une forme sociale liée à une situation ; un genre combine plusieurs types. • Chaque genre universitaire impose un contrat : on peut écrire correctement et manquer son genre. • Les verbes de consigne ont un sens précis ; leur lecture approximative suffit à produire un hors-sujet. • Quatre catégories de marques permettent de mesurer l’implication de l’énonciateur. • L’écrit scientifique efface les marques de personne mais conserve les modalisateurs. |
Les exercices appliquent successivement les outils du chapitre : distinction du type et du genre, repérage des marques énonciatives, grille d’analyse complète. L’exercice 47 inverse la démarche : il fait transformer un texte d’opinion en un énoncé recevable dans un mémoire, ce qui mobilise la modalisation travaillée dans le chapitre 9.
Exercice 45. Type et genre
Consigne. Pour chaque extrait, indiquez le type dominant et le genre probable.
a) « Lisez attentivement le texte ci-dessous. Résumez-le en cent mots. Vous indiquerez le nombre de mots utilisés. »
b) « L’enquête a été conduite entre octobre et décembre. Les questionnaires ont d’abord été testés auprès de trois étudiants, puis administrés à l’ensemble du groupe. »
c) « L’ouvrage se compose de cinq chapitres. Le premier retrace l’histoire de la notion ; les suivants en examinent les usages. Sa principale qualité tient à la clarté de l’exposition ; on regrettera toutefois l’absence d’index. »
d) « La cohésion désigne l’ensemble des procédés linguistiques qui assurent la continuité d’un texte. Elle se distingue de la cohérence, qui relève de l’interprétation. »
Exercice 46. Comparer les deux textes supports
Consigne. Répondez aux trois questions qui accompagnent les textes A et B de la section 13.3.
Exercice 47. Objectiver un énoncé
Consigne. Réécrivez le texte A de manière à ce qu’il puisse figurer dans un mémoire : supprimez les marques de personne inappropriées et le lexique évaluatif, introduisez une modalisation adaptée, conservez l’idée principale.
Exercice 48. Appliquer la grille
Consigne. Appliquez la grille du tableau 52 au texte support du chapitre 5, en rédigeant une réponse de deux ou trois lignes pour chaque question.
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Réinvestissement Choisissez deux textes portant sur votre sujet de mémoire : un article de recherche et un texte d’opinion, tribune, éditorial ou billet. Appliquez-leur la grille du tableau 52 et rédigez une page comparant leur manière de traiter le même objet. Vous verrez se dessiner ce qui sépare un discours qui établit d’un discours qui persuade, distinction qu’il faudra respecter dans votre mémoire. |
Exercice 45. a) Injonctif ; consigne d’examen. b) Narratif ; partie méthodologique d’un mémoire ou d’un article. c) Descriptif puis argumentatif ; compte rendu d’ouvrage. d) Explicatif ; chapitre théorique, manuel ou dictionnaire.
Exercice 46. Texte A : marques de personne, « nos universités », « je vois » ; modalité injonctive, « il faut le dire » ; lexique évaluatif abondant, « brillants », « incapables », « désastre silencieux ». Genre : texte d’opinion, tribune ou éditorial. Texte B : aucune marque de personne ; modalisateurs, « une partie des », « toutefois », « reste difficile à mesurer » ; évaluatif faible. Genre : état de la question dans un article. B peut figurer dans un mémoire, à condition que les travaux évoqués soient référencés ; A ne peut y apparaître que comme document cité, analysé et référencé.
Exercice 47. Proposition : « Une partie des étudiants qui accèdent au Master éprouve des difficultés à produire un texte cohérent de plusieurs paragraphes, ce qui interroge la place accordée à l’écrit dans les cursus antérieurs. »
Exercice 48. 1. Énonciateur non identifié, s’adressant à un lectorat universitaire. 2. Article de réflexion didactique. 3. Argumentatif dominant, avec un passage explicatif. 4. Peu de marques de personne ; évaluatif « approximation commode mais trompeuse » ; modalisateurs « en principe », « souvent », « pour certains ». 5. Deux paragraphes : réfutation d’une représentation, puis conséquences ; connecteurs « or », « donc », « il s’ensuit que ». 6. Faire changer de représentation et de démarche.
Références bibliographiques de la leçon
Section ajoutée lors de l’extraction de la leçon pour le dépôt en ligne. Les références sont reproduites à l’identique d’après la bibliographie générale du polycopié source ; le texte de la leçon n’a pas été modifié.
1. Références citées dans la leçon
Adam, J.-M. (2017). Les textes : types et prototypes (4e éd.). Paris : Armand Colin.
Kerbrat-Orecchioni, C. (1980). L’énonciation : de la subjectivité dans le langage. Paris : Armand Colin.
Maingueneau, D. (2016). Analyser les textes de communication (3e éd.). Paris : Armand Colin.
2. Document institutionnel mentionné dans la leçon (« canevas »)
Université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen. Harmonisation. Offre de formation Master académique : domaine Lettres et Langues étrangères, filière Langue espagnole, spécialité Langue et Communication. Canevas, année universitaire 2016-2017 (fiche d’organisation semestrielle et programme détaillé par matière). Document institutionnel non publié.